Bac de français 2026, La peau de chagrin (Balzac), résumé par les citations (partie 1)

Plongez au cœur de l’œuvre d’Honoré de Balzac, La peau de chagrin, et préparez-vous efficacement pour le bac de français 2026. Notre résumé en citations vous propose de vous guider dans une compréhension ciblée du roman pour réussir la dissertation au Bac.

Cette première partie d’un résumé en citations vous offre une analyse concise des thèmes et des enjeux majeurs du roman. Suivez le destin tragique de Raphaël de Valentin, jeune homme ruiné et désespéré, dont la vie bascule avec l’acquisition d’une peau de chagrin aux pouvoirs mystérieux.

La peau de chagrin (Balzac), résumé par les citations

La peau de chagrin : quelques repères

Le strict minimum à savoir sur La peau de chagrin :

  • La peau de chagrin : roman de Balzac publié en1831
  • Balzac est un maître du réalisme littéraire. Il fait de longues descriptions réalistes et détaillées.
  • Mouvement : réalisme fantastique dans Peau de chagrin
  • Balzac est surtout connu pour La Comédie humaine, un ensemble titanesque de plus de 90 œuvres (romans, nouvelles, essais) visant à dépeindre la société française de son époque dans toute sa complexité.
  • Résumé : Un jeune erre dans Paris, en attendant de se suicider. Il tombe sur un antiquaire et se retrouve à faire un pacte avec le diable avec la fameuse peau de chagrin. Il veut tout avoir et profiter de la vie, mais ce sera en échange de sa vie.
  • Thèmes de l’oeuvre : le désir (réussite, argent, amour…), le destin, l’argent, les choix de vie
  • Parcours : La Peau de chagrin s’inscrit dans le parcours des « romans de l’énergie« , en mettant en scène une opposition constante entre création (les désirs et ambitions) et destruction (l’énergie vitale qui s’amenuise). Chaque acte créateur ou jouissance entraîne une perte, illustrant un équilibre fragile entre vivre intensément ou survivre longtemps
  • Dès le départ, nous savons ce qu’il va arriver au narrateur : il mourra. Cette mort annoncée en avance constitue une PROLEPSE.
  • Ainsi, nombre d’événements sont annoncés en avance grâce à des prolepses : on n’a plus besoin de se demander ce qu’il va se passer mais on se concentre sur COMMENT cela va arriver.

Citations La peau de chagrin

Voici notre sélection (subjective) de citations au fil de l’oeuvre. Si vous ne l’avez pas lue ou pas lue en entier, vous pourrez en comprendre le fil.

Les citations du texte sont dans les encadrés.


Le talisman

Un jeune homme perd ses derniers sous au jeu. Il est désespéré :

Mais, sachez-le bien, à peine avez-vous fait un pas vers le tapis vert, déjà votre chapeau ne vous
appartient pas plus que vous ne vous appartenez à vous-même : vous êtes au jeu, vous, votre
fortune, votre coiffe, votre canne et votre manteau. À votre sortie, le JEU vous démontrera,
par une atroce épigramme en action, qu’il vous laisse encore quelque chose en vous rendant votre
bagage.

C’était le Jeu incarné. Si le jeune homme avait contemplé ce triste Cerbère, peut-être se serait-il dit : Il n’y a plus qu’un jeu de cartes dans ce cœur-là !

Le soir, les maisons de jeu n’ont qu’une poésie vulgaire, mais dont l’effet est assuré comme celui d’un drame sanguinolent.

Mais comprenez-vous tout ce que doit avoir de délire et de vigueur dans l’âme un homme qui attend avec impatience l’ouverture d’un tripot ? Entre le joueur du matin et le joueur du soir il existe la différence qui distingue le mari nonchalant de l’amant pâmé sous les fenêtres de sa belle.

Si l’Espagne a ses combats de taureaux, si Rome a eu ses gladiateurs, Paris s’enorgueillit de son
Palais-Royal, dont les agaçantes roulettes donnent le plaisir de voir couler le sang à flots (…).

Toujours en opposition avec lui-même, trompant ses espérances par ses maux présents, et ses maux par un avenir qui ne lui appartient pas, l’homme imprime à tous ses actes le caractère de l’inconséquence et de la faiblesse.

Il existe je ne sais quoi de grand et d’épouvantable dans le suicide.

Il erre dans Paris en attendant de mourir.

À son entrée dans un magasin de curiosités :

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Après d’innombrables dynasties de créatures gigantesques, après des races de poissons et des clans de mollusques, arrive enfin le genre humain, produit dégénéré d’un type grandiose, brisé peut-être par le
Créateur.

Les merveilles dont l’aspect venait de présenter au jeune homme toute la création connue mirent dans son âme l’abattement que produit chez le philosophe la vue scientifique des créations inconnues : il souhaita plus vivement que jamais de mourir (…)

Mais ces phénomènes d’optique enfantés par la fatigue, par la tension des forces oculaires ou par les caprices
du crépuscule, ne pouvaient effrayer l’inconnu. Les terreurs de la vie étaient impuissantes sur une
âme familiarisée avec les terreurs de la mort.

Il ferma les yeux ; les rayons d’une vive lumière l’éblouissaient ; il voyait briller au sein des ténèbres une sphère rougeâtre dont le centre était occupé par un petit vieillard qui se tenait debout et dirigeait sur lui la clarté d’une lampe. Il ne l’avait entendu ni venir, ni parler, ni se mouvoir. Cette apparition eut quelque chose de magique.

L’inconnu explique au vieux monsieur du magasin de curiosités qu’il promène ses états d’âme avant de se suicider le soir-même

En attendant la nuit, afin de pouvoir me noyer sans esclandre, je suis venu voir vos richesses. Qui ne pardonnerait ce dernier plaisir à un homme de science et de poésie ?

Le vieil homme cherche à comprendre les raisons qui le poussent à vouloir mourir :


– Ne cherchez pas le principe de ma mort dans les raisons vulgaires qui commandent la plupart des suicides. Pour me dispenser de vous dévoiler des souffrances inouïes et qu’il est difficile d’exprimer en langage humain, je vous dirai que je suis dans la plus profonde, la plus ignoble, la plus perçante de toutes les misères. Et, ajouta-t-il d’un ton de voix dont la fierté sauvage démentait ses paroles précédentes, je ne veux mendier ni secours ni consolations.

Puis lui propose son aide :

je veux vous faire plus riche, plus puissant et plus considéré que ne peut l’être un roi constitutionnel.

– Retournez-vous, dit le marchand en saisissant tout à coup la lampe pour en diriger la lumière sur le mur qui faisait face au portrait, et regardez cette PEAU DE CHAGRIN, ajouta-t-il.

par un phénomène inexplicable au premier abord, cette peau projetait au sein de la profonde obscurité qui régnait dans le magasin des rayons si lumineux que vous eussiez dit d’une petite comète.

les grains noirs du chagrin étaient si soigneusement polis et si bien brunis, les rayures capricieuses en étaient
si propres et si nettes que, pareilles à des facettes de grenat, les aspérités de ce cuir oriental formaient autant de petits foyers qui réfléchissaient vivement la lumière. Il démontra mathématiquement la raison de ce phénomène au vieillard, qui, pour toute réponse, sourit avec malice. Ce sourire de supériorité fit croire au
jeune savant qu’il était dupe en ce moment de quelque charlatanisme.

L’inscription sur la peau de chagrin est celle-ceci :

Si tu me possèdes, tu posséderas tout. mais ta vie m’appartiendra. Dieu l’a

voulu ainsi. Désire, et tes désirs
seront accomplis. Mais règle

tes souhaits sur ta vie.

Elle est la. À chaque
vouloir je décroitrai
comme tes jours.
Me veux-tu ?
Prends. Dieu
t’exaucera.
soit !

– Est-ce une plaisanterie, est-ce un mystère ? demanda le jeune inconnu.

Le vieillard hocha de la tête et dit gravement :
– Je ne saurais vous répondre. J’ai offert le terrible pouvoir que donne ce talisman à des hommes doués de plus d’énergie que vous ne paraissiez en avoir ; mais, tout en se moquant de la problématique influence qu’il devait exercer sur leurs destinées futures, aucun n’a voulu se risquer à conclure ce contrat si fatalement proposé par je ne sais quelle puissance. Je pense comme eux, j’ai douté, je me suis abstenu, et…
– Et vous n’avez pas même essayé ? dit le jeune homme en l’interrompant.
– Essayer ! dit le vieillard. Si vous étiez sur la colonne de la place Vendôme, essaieriez-vous de vous jeter dans les airs ? Peut-on arrêter le cours de la vie ? L’homme a-t-il jamais pu scinder la mort ? Avant d’entrer dans ce cabinet, vous aviez résolu de vous suicider ; mais tout à coup un secret vous occupe et vous distrait de mourir. (…)

Le vieillard explique :

Comme vous, j’étais alors dans la misère, j’ai mendié mon pain ; néanmoins j’ai atteint l’âge de cent deux ans, et suis devenu millionnaire : le malheur m’a donné la fortune, l’ignorance m’a instruit. Je vais vous révéler en peu de mots un grand mystère de la vie humaine.

L’homme s’épuise par deux actes instinctivement accomplis qui tarissent les sources de son existence. Deux verbes expriment toutes les formes que prennent ces deux causes de mort : VOULOIR et POUVOIR. Entre ces deux termes de l’action humaine il est une autre formule dont s’emparent les sages, et je lui dois le bonheur et ma longévité. Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit ; mais SAVOIR laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme.

Voir n’est-ce pas savoir ? Oh ! savoir, jeune homme, n’est-ce pas jouir intuitivement ?

La pensée est la clef de tous les trésors, elle procure les joies de l’avare sans donner ses soucis.

Ce que les hommes appellent chagrins, amours, ambitions, revers, tristesse, sont pour moi des idées que je change en rêveries

mon âme ayant hérité de toute la force dont je n’abusais pas, cette tête est encore mieux meublée que ne le sont mes magasins. Là, dit-il en se frappant le front, là sont les vrais millions.

Ceci, dit-il d’une voix éclatante en montrant la Peau de chagrin, est le pouvoir et le vouloir réunis. Là sont vos idées sociales, vos désirs excessifs, vos intempérances, vos joies qui tuent, vos douleurs qui font trop vivre ; car le mal n’est peut-être qu’un violent plaisir. Qui pourrait déterminer le point où la volupté devient un mal et celui où le mal est encore la volupté ?

le mot de Sagesse ne vient-il pas de savoir ? et qu’est-ce que la folie, sinon l’excès d’un vouloir ou d’un
pouvoir ?

– Eh ! bien, oui, je veux vivre avec excès, dit l’inconnu en saisissant la Peau de chagrin.
– Jeune homme, prenez garde, s’écria le vieillard avec une incroyable vivacité.
– J’avais résolu ma vie par l’étude et par la pensée ; mais elles ne m’ont même pas nourri, répliqua l’inconnu.

je commande à ce pouvoir sinistre de me fondre toutes les joies dans une joie. Oui, j’ai besoin d’embrasser les plaisirs du ciel et de la terre dans une dernière étreinte pour en mourir.

Vous avez signé le pacte : tout est dit. Maintenant vos volontés seront scrupuleusement satisfaites, mais aux dépens de votre vie.

En partant de la boutique, il rencontre ses amis, on comprend qu’il s’appelle Raphaël.

Il passe sur le pont d’où il voulait se jeter :

la peau de chagrin, raphaël et ses amis, faire un tronçon de chiere lie

Au-dessus de ce fleuve, dans lequel il voulait se précipiter naguère, les prédictions du vieillard étaient
accomplies, l’heure de sa mort se trouvait déjà fatalement retardée.

Les amis discutent de politique :

Le pouvoir s’est transporté, comme tu sais, des Tuileries chez les journalistes

Le gouvernement, c’est-à-dire l’aristocratie de banquiers et d’avocats, qui font aujourd’hui de la patrie comme les prêtres faisaient jadis de la monarchie, a senti la nécessité de mystifier le bon peuple de France avec des mois nouveaux et de vieilles idées, à l’instar des philosophes de toutes les écoles et des hommes forts de tous les temps.

En un mot, un journal armé de deux ou trois cent bons mille francs vient d’être fondé dans le but de faire une
opposition qui contente les mécontents, sans nuire au gouvernement national du roi-citoyen.

Or, comme nous nous moquons de la liberté autant que du despotisme, de la religion aussi bien que de l’incrédulité ; que pour nous la patrie est une capitale où toutes les idées s’échangent, où tous les jours amènent de succulents dîners, de nombreux spectacles ; où fourmillent de licencieuses prostituées, des soupers qui ne finissent que le lendemain, des amours qui vont à l’heure comme les citadines ; que Paris sera toujours la plus adorable de toutes les patries ! la patrie de la joie, de la liberté, de l’esprit, des jolies femmes, des mauvais sujets, du bon vin, et où le bâton du pouvoir ne se fera jamais trop sentir, puisque l’on est près de ceux qui le tiennent.

– Nous allons faire, suivant l’expression de maître Alcofribas, un fameux tronçon de chiere lie

Référence à Gargantua, faire un tronçon de chère lie c’est bien manger.

– Cent mille livres de rente sont un bien joli commentaire du catéchisme, et nous aident merveilleusement à mettre la morale en actions !

Entre les tristes plaisanteries dites par ces enfants de la Révolution à la naissance d’un journal, et les propos tenus par de joyeux buveurs à la naissance de Gargantua, se trouvait tout l’abîme qui sépare le dix-neuvième siècle du seizième. Celui-ci apprêtait une destruction en riant, le nôtre riait au milieu des ruines.

À un dîner fastueux, les jeunes gens rencontrent une beauté nommée Aquilina. Elle explique qu’elle consacre désormais sa vie au plaisir et vit sans penser au lendemain. Raphaël veut savoir ce qui l’a fait souffrir pour qu’elle devienne ainsi :

– J’ai été quittée pour un héritage, moi ! dit-elle en prenant une pose qui fit ressortir toutes ses séductions. Et cependant j’avais passé les nuits et les jours à travailler pour nourrir mon amant. Je ne veux plus être la dupe d’aucun sourire, d’aucune promesse, et je prétends faire de mon existence une longue partie de plaisir.

S’ensuit un échange entre Raphaël et elle sur la nécessité ou non pour les femmes d’être vertueuses.


Se donner pendant toute la vie à un être détesté, savoir élever des enfants qui vous abandonnent, et leur dire : Merci ! quand ils vous frappent au cœur ; voilà les vertus que vous ordonnez à la femme. Encore, pour la récompenser de son
abnégation, venez-vous lui imposer des souffrances en cherchant à la séduire ; si elle résiste, vous la compromettez. Jolie vie ! Autant rester libres, aimer ceux qui nous plaisent et mourir jeunes.

Contempler en ce moment les salons, c’était avoir une vue anticipée du Pandémonium de Milton. Les flammes bleues du punch coloraient d’une teinte infernale les visages de ceux qui pouvaient boire encore. Des danses folles, animées par une sauvage énergie, excitaient des rires et des cris qui éclataient comme les détonations d’un feu d’artifice. Jonchés de morts et de mourants, le boudoir et un petit salon offraient l’image d’un champ de bataille. L’atmosphère était chaude de vin, de plaisirs et de paroles.

« L’ivresse, l’amour, le délire, l’oubli
du monde étaient dans les cœurs, sur les visages,
écrits sur les tapis, exprimés par le désordre, et
jetaient sur tous les regards de légers voiles qui
faisaient voir dans l’air des vapeurs enivrantes. »

la peau de chagrin pandémonium de milton

La vie simple et mécanique conduit à quelque sagesse insensée en étouffant notre intelligence par le travail ; tandis que la vie passée dans le vide des abstractions ou dans les abîmes du monde moral mène à quelque
folle sagesse.

L’homme se corrompt par l’exercice de la raison et se purifie par l’ignorance.

À suivre dans les citations de La peau de chagrin partie 2 ICI :

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