Le culturel et l’interculturel en FLE : clés pour enseigner

Vous êtes enseignant de FLE. Un jour, en classe, un apprenant vous demande : « Pourquoi les Français disent merci aussi souvent ? C’est bizarre ». Vous répondez : «C’est la politesse, c’est important en France» mais intérieurement, vous hésitez. Est-ce vraiment une réponse ? Pourquoi cette répétition de remerciements paraît-elle naturelle aux Français et dérange-t-elle les Italiens ? Pourquoi certaines pratiques qui semblent universelles et humaines sont-elles en réalité profondément culturelles ? Voilà le cœur du problème que nous allons explorer ensemble dans cet article sur le culturel et l’interculturel à partir d’une superbe conférence de Juliette Delahaie, professeure des universités à l’Université de Lille.

L’enseignement du français langue étrangère ne peut pas se réduire à la transmission de structures grammaticales ou de vocabulaireIl engage inévitablement une question bien plus vaste : la culture. Mais une question corollaire surgit immédiatement : qu’enseigner, exactement ? La culture française ? Quelle France, du reste ? La France officielle de la République et ses valeurs ? La France du XVIe arrondissement de Paris, celle de Seine Saint Denis, de Quimper, de Strasbourg ? Et surtout : comment enseigner la culture sans obliger les apprenants à renier la leur ?

Ces questions, apparemment simples, révèlent des enjeux théoriques et pratiques considérables. Des chercheurs comme Pierre Bourdieu, Erving Goffman et d’autres ont montré que la culture n’est jamais neutre, que chaque pratique sociale (dire merci, faire la queue, s’asseoir, dormir) est culturellement situé et transmis. Ils ont aussi montré que l’enseignement des langues ne se fait jamais indépendamment des enjeux de pouvoir, d’identité et d’intégration.

L’approche interculturelle, promue depuis les années 1980 par le Conseil de l’Europe, propose une alternative au modèle classique d’assimilation. Au lieu de demander aux apprenants d’oublier leur culture pour penser comme un Français(e), elle les invite à devenir des « intermédiaires culturels » : des êtres capables de naviguer entre deux systèmes de valeurs, de les comparer sans jugement de supériorité, et de créer du sens nouveau dans la rencontre entre l’Autre et soi-même.

Le culturel et l'interculturel en FLE : clés pour enseigner d'après Juliette Delahaie

Le culturel et l'interculturel dans l'enseignement du FLE

D'après la conférence de Juliette Delahaie (Professeure de FLE à l'Université de Lille)
📍 CASNAV de LILLE, 2022

Définir la culture : c'est complexe!'

L'étymologie et l'évolution du concept de CULTURE
Le mot « culture » possède une histoire linguistique riche qui reflète les transformations de sa signification. À l'origine, en ancien français, le terme désigne un champ labouré. C'est seulement au XVIe siècle que se forme progressivement un sens figuré, pour arriver au XVIIIe siècle, dans le Dictionnaire de l'Académie française, à signifier « la culture des arts, des lettres » et par extension « l'éducation de l'esprit ».

Cette évolution du concept n'est pas anodine. Elle marque le passage d'une signification matérielle et agricole à une signification abstraite et intellectuelle, en ligne avec l'idéologie des Lumières. À cette époque, la culture commence à s'opposer à la nature, voire aux « barbares » et aux « sauvages ». Cette opposition, héritée de la pensée dix-huitiémiste, reste encore influente aujourd'hui et pose des problèmes éthiques et politiques majeurs dans l'enseignement.

Culture: les définitions savantes
E.B. Tylor (1871)

Pour les anthropologues et sociologues, la définition la plus influente de la culture provient de E.B. Tylor, anthropologue britannique, qui en 1871 propose une formulation remarquablement complète : la culture est « cet ensemble complexe qui comprend les connaissances et croyances, l'art, le droit, la morale, les coutumes et toutes les autres aptitudes et habitudes qu'acquiert l'homme en tant que membre d'une société ».

Cette définition présente plusieurs avantages : elle englobe à la fois des éléments visibles (les coutumes, les institutions) et invisibles (les croyances, les valeurs) ; elle souligne le caractère acquis de la culture (elle s'apprend, elle ne s'hérite pas biologiquement) ; elle la situe résolument dans un contexte social. C'est pourquoi elle reste pertinente pour les didacticiens du FLE.

Guy Rocher (1992)

Une autre définition, celle du sociologue québécois Guy Rocher (1992), complète la précédente en insistant sur les trois caractéristiques essentielles : la culture c'est une manière de penser, de sentir et d'agir. Elle comprend des pratiques du corps tellement ancrées qu'elles paraissent naturelles (on ne s'assoit, ne dort, ne se couche pas de la même façon selon les cultures). Elle est partagée par un groupe (même petit – une sous-culture peut être le fait de quinze personnes). Elle est formalisée en rituels, en formules de politesse, en conventions qui se transmettent.

L'exemple révélateur de la politesse : En France, dire « merci » dans les magasins et lors des interactions commerciales est un comportement culturel appris dès l'enfance. Transposez cette pratique en Italie, et vous découvrirez, à la surprise de beaucoup de Français, que les Italiens ne comprennent pas cette répétition de remerciements ; certains la trouvent même désagréable ou menaçante. Ce qui paraît naturel et universel dans une culture est en réalité le produit d'une transmission culturelle très spécifique.

Culture cultivée versus culture partagée

Robert Galisson, didacticien important du FLE, propose une distinction fondamentale entre la culture cultivée et la culture partagée. L'enseignement du FLE dépasse la grammaire : c'est une rencontre entre valeurs et identités. Selon Juliette Delahaie, ignorer la dimension culturelle, c'est priver l'apprenant d'une compréhension authentique.
❄️ La Culture comme un Iceberg
Partie émergée (Visible) : Coutumes, fêtes, monuments, nourriture.
Partie immergée (Invisible) : Rapport au temps, à l'autorité, aux relations interpersonnelles.

Note : Ce sont les éléments invisibles qui créent le plus de malentendus chez les apprenants.

🎓 Culture cultivée vs partagée

Ne réduisons pas le FLE à la "culture cultivée" (littérature, histoire). La culture partagée (codes du quotidien, politesse) est vitale pour "vivre ensemble".

🔄 Système Dynamique

La culture n'est pas figée. Pour les publics migrants, il ne faut pas les enfermer dans leur pays d'origine : ils opèrent des synthèses et des créations originales.

⚖️ Les théories de Bourdieu et ses critiques

Pierre Bourdieu a dominé le paysage sociologique français pendant trois décennies avec ses théories de la légitimité culturelle. Son idée centrale était qu'il existe une hiérarchie des cultures : une culture dominante et légitime (celle de la bourgeoisie, la « culture savante »), et des cultures dominées ou « sous-cultures » (celles des classes populaires), caractérisées par « le manque et la privation ».

Bourdieu a utilisé ces concepts pour expliquer les inégalités scolaires : selon lui, les élèves des classes populaires échouent à l'école parce qu'ils ne possèdent pas le capital culturel valorisé par l'institution scolaire. Seuls les bourgeois, disait Bourdieu, possèdent une véritable « culture ».

Cette théorie a eu une influence majeure, cependant, elle a aussi été fortement critiquée (notamment par Antoine Prost et Christian Baudelot). Ils ont montré que les cultures dominées possèdent une autonomie et une richesse propres. Le carnaval de Dunkerque ou le « tuning » sont des formes de créativité qui ne doivent pas être jugées uniquement par rapport aux normes de la culture cultivée.

Pour l'enseignant : Cela nous invite à reconnaître la dignité de la culture d'origine des apprenants, plutôt que de les juger comme « primitifs » ou « arriérés » par rapport aux codes dominants.

Multiculturalisme vs plurilinguisme

Il existe une tension entre le modèle d'État-nation français et la vision européenne :

🌍 Vision Européenne

Plurilinguisme : On ne demande pas d'oublier sa langue, mais de construire une compétence où toutes les langues interagissent.

🇫🇷 Vision Française

Intégration : Conception monoculturelle centrée sur des valeurs universelles transcendant les différences.

Le plurilinguisme et le pluriculturalisme européen

Au niveau européen, le Conseil de l'Europe promeut l'éducation interculturelle depuis les années 1980 comme moyen d'accroître le dialogue et la coopération entre les peuples de l'Union européenne.

Le Conseil de l'Europe a choisi une terminologie spécifique pour se distinguer des modèles anglo-saxons :

Multiculturalisme Modèle souvent associé aux systèmes anglo-saxons de coexistence de groupes séparés.
Pluriculturalisme Mise en avant de l'interaction et de l'intégration des compétences chez l'individu.

Une compétence communicative intégrée

Le plurilinguisme met l'accent sur le fait que l'individu ne cloisonne pas ses langues dans des compartiments séparés. Au contraire, il construit une compétence communicative intégrée à laquelle contribuent toutes ses connaissances, toutes ses expériences, et dans laquelle les langues interagissent.

C'est une réaction au modèle d'assimilation : on ne demande pas d'oublier sa langue maternelle, mais de développer une compétence polyglotte.

L'intégration : processus social ou responsabilité individuelle ?

Selon la définition de Durkheim, l'intégration est le processus par lequel un groupe social intègre, s'approprie les individus pour assurer sa cohésion. L'individu intégré se reconnaît dans les valeurs de son groupe.

Il existe deux visions opposées de ce processus :

Responsabilité Individuelle

C'est à l'apprenant, au migrant, de s'adapter et de faire l'effort. La société ne change rien. Cette vision ignore les obstacles structurels et les discriminations.

Effort Bilatéral

L'intégration exige un effort des deux côtés : l'individu (langue, codes) et la société d'accueil (reconnaître les compétences, adapter les structures).

La culture pour les migrants : une approche par entonnoir

Lorsqu'on parle de « culture » dans le contexte officiel français, on ne parle jamais de la totalité de la culture, mais d'une partie très spécifique, qu'on pourrait appeler la « culture d'État ».

Totalité complexe de la culture
Dispositifs institutionnels(CIR, UPE2A)
Valeurs de la République et usages

Ce qui est frappant, c'est la réduction : on part de la totalité complexe pour arriver à un ensemble très limité et instrumentalisé.

Le CIR (Contrat d'Intégration Républicaine) Concerne les primo-arrivants (hors UE). 48 heures de formation civique aux valeurs de la République et aux usages de la société française.
Le dispositif UPE2A Pour les enfants allophones. Objectifs : acquisition du français, valeurs de la République et fonctionnement de l'école française.

Les contenus de cette « culture d'État »

Extraits du MOOC « Ensemble en France » (OFII)

  • L'égalité homme-femme : Priorité politique évidente.
  • Le mariage à la française : Centré sur l'interdiction de la polygamie.
  • Le respect du corps humain : Consentement sexuel, séduction.
  • Les règles de politesse : Ne pas cracher par terre, dire "merci", faire la queue.
  • Le respect des horaires : Point crucial car la conception du temps diffère drastiquement entre les cultures!

Note : Ces éléments révèlent des choix politiques (égalité des genres, laïcité implicite, temps linéaire).

La culture pour les enfants : intercompréhension et limites

Le discours officiel (Eduscol) parle d'« intercompréhension culturelle ». On ne demande pas de renier la culture d'origine, mais de créer une compréhension mutuelle.

Cependant : Cette intercompréhension a des limites non-négociables : la laïcité, l'égalité des genres, le refus des pratiques perçues comme dangereuses.

Le défi : enseigner ces valeurs sans marginaliser l'enfant dont la culture d'origine est différente.

Les dimensions de la compétence interculturelle

D'après Michael Byram, chercheur anglais influent

Savoir

Connaître certains faits sur la culture cible, son histoire, ses institutions.

Savoir-être

Avoir une attitude d'ouverture, de curiosité, de respect envers la différence.

Savoir-faire

Être capable de comparer, de mettre en relation, de jouer un rôle d'intermédiaire.

Savoir-apprendre

Être disposé à continuer à découvrir, à réviser ses opinions, à accepter l'incertitude.

Approche interculturelle : fondements théoriques

La compétence interculturelle

« La compétence interculturelle » n'est pas une compétence qui se développe naturellement simplement en apprenant une langue. C'est une compétence qui doit être explicitement enseignée et travaillée.

Le CECRL la définit par un ensemble de capacités :

  • Capacité à établir une relation entre sa culture d'origine et la culture étrangère.
  • Sensibilisation à la notion de culture (réaliser que le « normal » est culturellement situé).
  • Capacité à utiliser des stratégies variées pour établir le contact.
  • Capacité à dépasser les stéréotypes.
  • Capacité à devenir un intermédiaire culturel : naviguer entre deux mondes.

Les étapes de l'expérience interculturelle : 3 Étapes

La rencontre avec une autre culture suit un processus en plusieurs étapes :

1
Le choc culturel : Projection de nos références. L'Autre est perçu comme « étrange » ou « bizarre ».
2
L'acceptation de la différence : On admet la différence, mais on peut rester ethnocentré (croire que notre culture est « mieux » ou plus civilisée).
3
La reconnaissance de la relativité : Étape cruciale. On comprend que chaque système possède sa logique interne. On réalise que notre « naturel » est un « acquis ».

💡 Exemple : L'identité administrative (Nom/Prénom)

Pour un migrant afghan ou égyptien, la distinction française "Nom/Prénom" est souvent arbitraire. En Afghanistan, le nom désigne souvent un clan, pas une lignée individuelle.

L'approche pédagogique : Ne pas imposer, mais partir du système de l'apprenant pour expliquer pourquoi la France exige cette distinction (identification) et l'aider à faire un choix cohérent.

🎯

La démarche

L'objectif de l'approche interculturelle est d'aider l'apprenant à atteindre la troisième étape, et de le rendre capable de vivre avec et dans la diversité culturelle, non pas en renonçant à sa propre culture, mais en y réfléchissant et en apprenant à coexister avec d'autres systèmes de valeurs.

Juliette Delahaie
Culture d'origine
(Réflexion & Conscience)
Systèmes de valeurs cibles
(Coexistence & Dialogue)

L'enjeu n'est pas l'assimilation, mais la création d'un espace de sens partagé.

Enseigner l'interculturel : au-delà des manuels

Le problème : les limites des manuels existants

Même les manuels modernes de FLE pour migrants n'intègrent pas toujours une approche véritablement interculturelle :

  • L'alphabétisation visuelle : Les choix graphiques supposent souvent une culture visuelle occidentale.
  • Rôles de genre : La mère s'occupe seule des enfants, du goûter, de l'école... ce n'est pas cohérent avec ce que l'on prétend montrer de la société française actuelle.
  • Timing : L'approche interculturelle arrive souvent en dernier, au lieu d'être le socle.

L'approche pédagogique correcte

Voici comment transformer une situation administrative (ex: Nom/Prénom) en levier interculturel :

1
Partir du connu vers l'inconnu D'abord, expliquer comment ça fonctionne dans sa culture. « Comment c'est chez toi ? »
2
Montrer la diversité Montrer que même en France, ça n'a pas toujours été la même. Utiliser des exemples d'autres pays (ex: un passeport indonésien avec deux noms qui ressemblent à des « noms de famille »).
3
Expliquer les enjeux administratifs Pourquoi la France exige cette distinction ? C'est pour des raisons d'identification administrative, pas pour des raisons « naturelles ».
4
Aider l'apprenant à faire un choix Finalement, c'est à lui de choisir quel élément il va utiliser comme « prénom » et lequel comme « nom de famille » pour rester cohérent.
Cet exemple montre que derrière chaque détail linguistique ou administratif, il y a des enjeux culturels profonds. C'est à travers ces détails que se jouent les malentendus, les blocages, et les occasions d'apprentissage réel.

Pourquoi la laïcité ?

Aucune valeur de la République française n'est plus sensible, plus chargée politiquement, que la laïcité.

Un héritage historique spécifique

C'est notamment parce que la laïcité française, contrairement à la laïcité dans d'autres contextes, s'est construite historiquement contre l'influence de l'Église catholique.

Le glissement contemporain

Depuis le début du XXIe siècle, la question de la laïcité est devenue associée aux enjeux d'immigration, de musulmans, de voile, de pratiques religieuses visibles. Le débat politique français sur la laïcité est devenu un débat sur l'islam.

Le véritable défi pour l'enseignant de FLE

Comment expliquer que la France est un pays laïque, où l'État est neutre en matière religieuse, quand ce message est souvent entendu comme :

  • « Tu dois renier ta religion »
  • « L'islam n'a pas sa place en France »

Comment enseigner les valeurs républicaines sans renforcer un sentiment d'exclusion ?

🔥 Le "point chaud" : enseigner la laïcité (mais aussi la religion, la séduction...)

Ce n'est pas une demande faite aux apprenants de renier leur "foi", mais une organisation institutionnelle. Pour l'enseigner :

  • Expliquer les enjeux historiques (construction contre l'influence de l'Église)
  • Distinguer la sphère privée (liberté de culte) et la neutralité de l'État
  • Reconnaître que d'autres modèles (Angleterre, Allemagne) existent et sont légitimes

À retenir de la conférence

Vers une Pédagogie Vraiment Interculturelle

Après cette exploration en profondeur, plusieurs principes fondamentaux émergent :

🎯
La compétence interculturelle au cœur, pas en marge

Elle ne doit pas être « la cerise sur le gâteau » à la fin d'une unité, mais le point de départ de chaque apprentissage.

🔄
Du connu (apprenant) vers l'inconnu (cible)

Une approche qui commencerait par imposer les valeurs françaises sans d'abord explorer la perspective de l'apprenant est vouée à échouer ou à créer du ressentiment.

🧘
Elle commence avec l'enseignant

Avant de l'enseigner, l'enseignant lui-même doit l'avoir développée. Cela exige une réflexion personnelle, une critique de ses propres présupposés, une ouverture.

🧩
La culture n'est pas monolithique

On n'enseigne pas « la culture française » comme si tous les Français partageaient exactement les mêmes valeurs et pratiques. Il y a de la diversité au sein même de la France.

⚖️
Affronter les questions sensibles, pas les éviter

La laïcité, l'égalité des genres, les relations sexuelles, la tolérance. Ignorer ces sujets parce qu'ils sont difficiles, c'est laisser les malentendus prospérer en secret.

Le rôle essentiel de l'enseignant

Plus que n'importe quelle compétence technique ou linguistique, c'est la posture de l'enseignant qui détermine si une classe peut devenir un espace d'apprentissage interculturel authentique.

Être curieux

Vraiment vouloir comprendre les cultures de ses apprenants, pas juste les tolérer.

Être réflexif

Remettre en question ses propres assomptions et ses habitudes.

Être humble

Reconnaître qu'il ne comprend pas tout, qu'il peut se tromper.

Être inclusif

Créer un espace où chacun se sent légitime, où ses questions sont bienvenues.

Être courageux

Aborder des sujets difficiles sans crainte, mais avec respect.

Une vision humaniste du FLE

À la fin, selon Juliette Delahaie, enseigner le FLE, c'est participer à la formation de citoyens du monde qui peuvent naviguer avec aisance dans un contexte plurilingue et pluriculturel. Ce n'est pas juste transmettre des règles de grammaire ou enrichir le vocabulaire.

C'est inviter les apprenants à se demander :

Qui suis-je dans mon contexte culturel ?
Comment ma culture m'a façonné ?
Qu'est-ce que je partage avec les francophones ?
Quelles sont nos différences, et pourquoi ?
Comment puis-je respecter la culture cible sans renier ma propre culture ?
Comment puis-je devenir un « intermédiaire culturel » capable de créer du sens entre deux mondes ?
Voilà le véritable enjeu de l'enseignement du FLE aujourd'hui : pas la maîtrise formelle de la langue, mais le développement d'une compétence communicative et interculturelle qui permette aux apprenants de devenir des acteurs du dialogue entre les cultures.
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Questions fréquentes

FAQ

Tout comprendre sur le culturel et l'interculturel en didactique du FLE

Concepts Généraux

La culture en FLE ne se limite pas aux monuments, à la gastronomie ou aux fêtes françaises. Elle englobe l'ensemble des manières de penser, de sentir et d'agir partagées par un groupe social. Cela inclut les pratiques visibles mais aussi les éléments invisibles : les attitudes face au temps, à l'autorité, aux relations interpersonnelles.

On distingue généralement deux types :
  • La culture cultivée : savoirs encyclopédiques (littérature, histoire, arts).
  • La culture partagée : savoirs pratiques (politesse, coutumes, codes sociaux).

Maîtriser la syntaxe ne suffit pas. Un apprenant peut savoir conjuguer parfaitement mais échouer dans une interaction s'il ignore les codes implicites (ex: le "merci" répété en France lors d'un achat).

La culture influence la motivation, la compréhension des expressions idiomatiques et l'intégration sociale réelle.

Le culturel désigne l'enseignement des éléments d'une culture donnée (transmission de contenus).

L'interculturel est une démarche de relation : comparer sa propre culture à la culture cible, réfléchir aux similitudes sans jugement et devenir un médiateur entre deux mondes.

L'Approche Interculturelle

C'est la capacité à naviguer efficacement là où les cultures se rencontrent. Selon le CECRL, elle comprend :

  • Savoir : connaissances sur les deux cultures.
  • Savoir-être : ouverture, curiosité, respect.
  • Savoir-faire : capacité à interpréter les malentendus.
  • Savoir-apprendre : disposition à réviser ses représentations.

L'apprentissage suit généralement trois étapes :

  1. Le choc culturel : L'Autre paraît étrange, on projette ses propres références.
  2. L'acceptation : On admet la différence, tout en restant parfois ethnocentré.
  3. La relativité culturelle : On comprend que chaque système a sa propre logique interne.

Les stéréotypes doivent être déconstruits par la nuance :

  • Présenter la diversité interne (sociale, régionale).
  • Utiliser des documents authentiques variés.
  • Remplacer "Les Français sont..." par "Dans telle situation, beaucoup de Français...".
Enjeux Politiques & Laïcité

La France privilégie un modèle d'intégration universaliste : une langue, une devise, des valeurs censées transcender les différences. Contrairement au modèle anglo-saxon, la France voit l'indivisibilité de la République comme un principe constitutionnel majeur.

Elle n'est pas un rejet de la foi mais une organisation : séparation État/Religions, neutralité de l'administration et liberté de conscience. Pédagogiquement, il faut expliquer son contexte historique (lutte contre l'influence de l'Église) pour lever le sentiment d'exclusion.

Dans le cadre du CIR, l'accent est mis sur l'égalité femme-homme, la laïcité, le respect du corps, les symboles républicains et les règles de politesse de base.

Pratiques de Classe

Ne les évitez pas. Établissez un cadre sécurisant de respect mutuel. Contextualisez par l'histoire et distinguez toujours les valeurs institutionnelles (la loi) des convictions personnelles.

Oui (Projet MeGraf). Il faut privilégier l'oral, utiliser des supports visuels simples (sans codes occidentaux complexes) et partir du vécu corporel avant les valeurs abstraites.

Le multilinguisme est un fait social (coexistence de langues). Le plurilinguisme est une compétence individuelle où les langues interagissent et s'enrichissent mutuellement sans cloisonnement.

Elle ne se mesure pas par QCM. On utilise le portfolio interculturel, l'analyse de cas (résolution de malentendus) ou l'auto-évaluation guidée. L'évaluation doit rester formative.

Auteurs : Philippe Blanchet, Martine Abdallah-Pretceille. Revues : Le Français dans le Monde. Sites : OFII (Ensemble en France), France Éducation International.

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