Adresse aux hommes, Préambule, Olympe de Gouges, Analyse linéaire


Olympe de Gouges 
est au programme du Bac de français 2024-2025 dans l’objet d’études “Littérature d’idées”. Découvrez une analyse linéaire complète de « l’adresse aux hommes », du « Préambule » et de l’Article premier de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791). Notre analyse détaillée des mouvements du texte vous permet d’enrichir votre compréhension de ces extraits de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et de vous préparer à l’épreuve orale du Bac de français.

Découvrez une analyse linéaire complète de "l'adresse aux hommes", du "Préambule" et de l'Article premier de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791).  Notre analyse détaillée des mouvements du texte vous permet d'enrichir votre compréhension de ces extraits de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et de vous préparer à l'épreuve orale du Bac de français.

« Adresse aux hommes », Olympe de Gouges, Analyse linéaire

Voici les extraits à étudier :

1791 « Adresse aux hommes » « Le Préambule», « Article Premier » 

Homme, es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? Qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ? Observe le créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l’oses, l’exemple de cet empire tyrannique. 

Remonte aux animaux, consulte les éléments, étudie les végétaux, jette enfin un coup d’œil sur toutes les modifications de la matière organisée ; et rends-toi à l’évidence quand je t’en offre les moyens ; cherche, fouille et distingue, si tu peux, les sexes dans l’administration de la nature. Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef-d’œuvre immortel. 

L’homme seul s’est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l’ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles ; il prétend jouir de la révolution, et réclamer ses droits à l’égalité, pour ne rien dire de plus. 

 Préambule 

Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, demandent à être constituées en Assemblée nationale. […] 

En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage dans les souffrances maternelles, reconnaît, et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les Droits suivants de la femme et de la citoyenne. 

Article Premier  

La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales  ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Problématique

Introduction

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, rédigée par Olympe de Gouges en 1791, est un texte fondateur du féminisme français. En réponse à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, Olympe de Gouges propose une version qui inclut explicitement les femmes dans la notion de citoyenneté et de droits universels. À travers une analyse linéaire de ce texte, nous pouvons observer comment l’auteure remet en question la domination masculine et plaide pour l’égalité des droits entre hommes et femmes. Nous verrons comment l’auteure commence par une dénonciation de l’oppression masculine, puis comment elle poursuit par un appel à l’observation de la nature pour montrer que la nature ne légitime pas l’oppression des femmes et enfin, nous verrons comment elle revendique l’égalité des droits.


« Homme, es-tu capable d’être juste ? » : cette question rhétorique interpelle directement le lecteur masculin, remettant en question sa capacité à être équitable. L’utilisation du singulier « Homme » est une généralisation.
Olympe de Gouges affirme ensuite son autorité en tant que femme, défiant l’homme de lui nier le droit de poser cette question : « C’est une femme qui t’en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. » Elle utilise un futur à valeur impérative (tu ne lui ôteras pas) pour exprimer une défense.

L’interrogation rhétorique « Dis-moi ? Qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? » sert à exprimer l’indignation de l’auteure face à l’oppression masculine. L’emploi du terme « souverain empire » souligne le caractère tyrannique de cette domination.

Suivent plusieurs autres questions rhétoriques comme « Ta force ? Tes talents ? » remettant en cause les justifications traditionnelles de la supériorité masculine. Olympe de Gouges suggère que ni la force physique ni les talents ne peuvent légitimer l’oppression des femmes.

L’appel à l’observation de la nature comme argument d’égalité


Dans un deuxième temps, Olympe de Gouges invite l’homme à observer la nature, où les sexes coopèrent harmonieusement : l’injonction « Observe le créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l’oses, l’exemple de cet empire tyrannique » invite l’homme à observer la nature et la création divine pour y trouver un exemple de domination d’un sexe sur l’autre.

L’expression « si tu l’oses » est un défi lancé à l’homme, sous-entendant qu’il ne trouvera pas de tels exemples. L’auteure utilise ici des impératifs (« Observe », « parcours », « donne-moi ») pour placer l’homme dans une position d’exécutant, renversant ainsi les rôles traditionnels.

Olympe de Gouges affirme que dans le règne animal, végétal et minéral, il n’existe pas de hiérarchie entre les sexes. Cette référence à l’ordre naturel sert d’argument pour démontrer que la domination masculine est une construction artificielle et non une loi de la nature.

« Remonte aux animaux, consulte les éléments, étudie les végétaux, jette enfin un coup d’œil sur toutes les modifications de la matière organisée » :Olympe de Gouges utilise ici une série d’impératifs pour inviter l’homme à examiner le monde naturel. Ces verbes (« remonte », « consulte », « étudie », « jette ») marquent une injonction didactique, plaçant l’auteure dans une position d’autorité. Elle incite à une observation scientifique et méthodique de la nature, englobant tous les règnes (animal, végétal, minéral), pour y chercher des preuves de la domination masculine.

Ensuite elle demande à l’homme de reconnaître la vérité en se basant sur les faits qu’elle lui présente.« et rends-toi à l’évidence quand je t’en offre les moyens « . L’expression « rends-toi à l’évidence » souligne l’inéluctabilité de la conclusion qu’elle propose : la domination masculine n’est pas fondée sur l’ordre naturel.

Les verbes « cherche », « fouille », « distingue » traduisent un effort intense et soulignent la difficulté, voire l’impossibilité, de trouver une distinction hiérarchique entre les sexes dans la nature. L’hypothèse « si tu peux » accentue le caractère provocateur et ironique de son propos.

Avec la phrase « Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef-d’œuvre immortel« , l’auteure affirme que dans la nature, les sexes sont indissociables (« confondus ») et travaillent ensemble dans une parfaite harmonie. La répétition de « partout » renforce l’universalité de cette observation. La métaphore du « chef-d’œuvre immortel » désigne la nature comme un modèle parfait et éternel d’équilibre entre les sexes.

Elle accuse l’homme d’avoir artificiellement créé une règle qui va à l’encontre de cet équilibre naturel (« L’homme seul s’est fagoté un principe de cette exception« ). Le verbe familier « s’est fagoté » dénote un mépris pour cette construction arbitraire et illégitime.

L’énumération d’adjectifs critiques « Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, » caractérise l’homme comme irrationnel et prétentieux. Elle souligne son incapacité à voir clairement la vérité malgré ses prétentions scientifiques.

Ensuite, Olympe de Gouges dénonce ici le paradoxe d’une époque (le siècle des Lumières) qui se proclame éclairée mais reste profondément injuste envers les femmes (« dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l’ignorance la plus crasse« ). L’expression « ignorance la plus crasse » accentue ce contraste. Olympe de Gouges critique l’homme pour sa volonté tyrannique de dominer les femmes alors que celles-ci possèdent autant d’intelligence que lui (« il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles »).

Enfin, elle souligne l’hypocrisie masculine : alors que les hommes revendiquent leurs droits à l’égalité dans le cadre de la Révolution française, ils refusent d’accorder ces mêmes droits aux femmes (« il prétend jouir de la révolution, et réclamer ses droits à l’égalité, pour ne rien dire de plus »). Cette phrase met en lumière le double standard qui caractérise leur comportement.


L’adresse aux hommes est suivie du Préambule de la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Le mot introductif « Préambule » annonce solennellement le début du texte, imitant la structure de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

La première phrase énumère les différents rôles des femmes dans la société et les présente comme « représentantes de la Nation » : « Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, demandent à être constituées en Assemblée nationale. » Olympe de Gouges parle au nom de toutes les femmes et revendique ici une reconnaissance politique officielle pour les femmes, en demandant leur inclusion dans l’Assemblée nationale.

La phrase suivante introduit la déclaration des droits : « En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage dans les souffrances maternelles, reconnaît, et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les Droits suivants de la femme et de la citoyenne. » Olympe de Gouges utilise ici une périphrase élogieuse (« le sexe supérieur en beauté comme en courage ») pour désigner les femmes, soulignant leur beauté et leur courage face aux souffrances de la maternité. Elle invoque l’Être suprême, donnant ainsi une dimension sacrée et solennelle à sa déclaration/

L' »Article Premier » reprend exactement la forme de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, soulignant la volonté d’Olympe de Gouges de créer un texte parallèle et équivalent pour les femmes.
La première affirmation fondamentale (« La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits ») pose le principe de l’égalité naturelle et juridique entre les femmes et les hommes. Elle calque et adapte la formulation de la Déclaration de 1789, remplaçant « homme » par « femme ».

Enfin, la phrase « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune » reprend mot pour mot l’article premier de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Elle affirme que toute hiérarchie sociale doit être justifiée par l’intérêt général, s’appliquant désormais aussi bien aux femmes qu’aux hommes.

Conclusion

L’analyse linéaire de cet extrait de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne révèle la force et l’audace du propos d’Olympe de Gouges. En utilisant une rhétorique puissante et en calquant la structure de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, elle parvient à mettre en lumière l’injustice de l’exclusion des femmes de la sphère politique et juridique. Son texte oscille entre dénonciation de l’oppression masculine, appel à l’observation de la nature comme modèle d’égalité, et affirmation solennelle des droits des femmes.

La modernité de sa pensée est frappante, notamment dans sa remise en question des justifications traditionnelles de la domination masculine et dans son appel à une égalité fondamentale entre les sexes. Bien que largement ignorée à son époque, la Déclaration d’Olympe de Gouges apparaît aujourd’hui comme un jalon essentiel dans l’histoire du féminisme et des droits humains. Elle préfigure les combats pour l’égalité qui se poursuivront aux XIXe et XXe siècles, et dont les échos résonnent encore dans nos sociétés contemporaines.

Pour mieux comprendre qui était Olympe de Gouges

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