Bac de français 2022 – Dissertation sur La Princesse de Clèves avec plan détaillé

Annales Bac de Français 2022

Les sujets de dissertation proposés au Bac de français 2022 dans les centres étrangers portaient, au choix, sur La princesse de Clèves (Madame de Lafayette), Le Rouge et le Noir (Stendhal) ou Les mémoires d’Hadrien (Marguerite Yourcenar).

Voyons un exemple de plan détaillé avec introduction et conclusion rédigées que vous pouvez réaliser pour le sujet de dissertation sur La Princesse de Clèves qui porte sur la dissimulation.

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L’œuvre est disponible en accès libre :

Téléchargez La Princesse de Clèves au format ePub ou PDF (domaine public) sur le site de TV5 Monde .

Mise à jour : décembre 2025

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Dissertation sur La Princesse de Clèves : « Selon vous, La Princesse de Clèves est-il un roman de la dissimulation ? »

Énoncé

SUJET OFFICIEL Bac 2022 • Centres Étrangers

« Selon vous, La Princesse de Clèves est-il un roman de la dissimulation ? »

Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l’œuvre de Mme de Lafayette au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours et sur votre culture littéraire.

💡

L’analyse de Polyglottes.org

Difficulté : Intermédiaire

Le thème de la dissimulation est à mettre en lien avec l’une des citations les plus importantes du roman, celle de Madame de Chartres à sa fille :

« Si vous jugez sur les apparences en ce lieu-cy, vous serez souvent trompée : ce qui paraît n’est presque jamais la vérité. »

Le décryptage : Si les apparences sont trompeuses, c’est que les gens masquent leurs intentions et leurs actions. Le roman explore cette mécanique des secrets et du paraître.

Problématique suggérée :

Dans quelle mesure l’esthétique du secret et le jeu des apparences font-ils de La Princesse de Clèves le roman par excellence de la dissimulation ?

Notre modèle de plan détaillé

RESSOURCE BAC 2026

📑 Notre modèle de plan détaillé

Pour vous aider à maîtriser l’exercice, voici une structure complète et prête à l’emploi. Ce modèle est conçu pour répondre aux attentes les plus exigeantes des correcteurs du Bac.

🏗️ Structure en 3 parties Sous-parties équilibrées pour un développement logique.
✍️ Plan détaillé, intro et conclusion rédigées Introduction et conclusion entièrement rédigées pour l’exemple.
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Utilisez ce modèle pour vous entraîner et comprendre comment articuler vos arguments.

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Introduction rédigée

Le roman La Princesse de Clèves est considéré comme le premier roman d’analyse. Publié de manière anonyme en 1678 par Madame de Lafayette, femme de lettres très au fait des secrets de la Cour, il nous montre la Princesse de Clèves aux prises avec une passion impossible pour un homme qui n’est pas son mari. Sa lutte contre cette passion pour suivre quoi qu’il arrive des principes moraux stricts est émaillée de dissimulations en tous genres et de révélations inattendues, le tout ayant pour décor la cour du roi Henri II et ses manigances plus ou moins discrètes.

Par dissimulation, on peut entendre « secret », « manigances », « infidélité » ou encore « tromperie ».

Peut-on dire alors que le roman La Princesse de Clèves est un roman de la dissimulation?

Le contexte de la Cour du roi et de toutes celles et ceux qui gravitent autour permet de l’affirmer, la cour étant le haut lieu des apparences et des illusions. Les personnages, au premier plan desquels la Princesse de Clèves elle-même, semblent également l’indiquer. Cependant, nous verrons également que la dissimulation a des limites.

✅ Structure : Amorce > Définition > Problématique > Plan Expertise Polyglottes.org

 DÉFINITION

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Qu’est-ce qu’un roman d’analyse ?

Le roman d’analyse (ou roman psychologique) est un genre littéraire qui privilégie l’exploration des sentiments, des pensées et des motivations internes des personnages plutôt que l’action extérieure.

Dans La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette inaugure ce genre en disséquant avec précision la naissance et l’évolution de la passion amoureuse, ainsi que les tourments de la conscience morale. L’intrigue se joue davantage dans le cœur et l’esprit de l’héroïne que dans les événements de la Cour.

Première Partie

I. La Cour du roi : un lieu d’apparences et d’illusions

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Point Méthodo : Comment réussir ses titres ?

Au Bac, vos titres de parties ne doivent pas être de simples étiquettes. Ils doivent affirmer une thèse. Pour les trouver, suivez ces trois conseils :

  • 1. Évitez les titres en un mot : Ne dites pas « La Cour », mais précisez ce que vous allez en dire (« La Cour, un lieu d’illusions »).
  • 2. Répondez à la problématique : Chaque titre doit être une étape de votre réponse globale au sujet.
  • 3. Utilisez des mots-clés du sujet : Ici, on intègre « dissimulation » via ses synonymes comme « apparences » ou « illusions » pour montrer que l’on ne fait pas de hors-sujet.

⚠️ Rappel : Le jour de l’examen, vos titres ne doivent pas apparaître sur votre copie. Ils servent à structurer votre brouillon et votre pensée.

1 L’apparence et les illusions : un décor omniprésent dès l’ouverture

Dès l’incipit du roman, Madame de Lafayette place son récit sous le signe de la splendeur. La Cour est décrite comme un lieu de magnificence exceptionnelle, mais cette beauté est un écran de fumée.

Exemple clé à citer :

« La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. »

Commentaire : Notez l’emploi du mot « paru » (paraître). L’autrice ne dit pas que la Cour est parfaite, mais qu’elle paraît l’être. Tout le monde participe à cette mise en scène où l’on cache ses ambitions derrière des fêtes somptueuses.

À la Cour, chacun joue un rôle. La dissimulation est donc la règle de base : il faut cacher ses faiblesses, ses haines et ses amours pour ne pas donner de prise à ses rivaux.

Le contexte dépeint dans la première partie du roman avec une grande précision historique par Madame de Lafayette est celui de la Cour du roi Henri II. Le souverain est décrit ainsi : « Ce prince était galant, bien fait et amoureux ». Son aspect physique est donc mentionné, tout comme celui de son amante, la duchesse de Valentinois « Cette princesse était belle, quoiqu’elle eut passé sa première jeunesse ». Plus tard, la beauté de la Princesse de Clèves (« Il parut alors une beauté à la cour qui attira les yeux de tout le monde, et l’on doit croire que c’était une beauté parfaite, puisqu’elle donna de l’admiration dans un lieu où on était si accoutumé à voir de belles personnes » ainsi que celle du duc de Nemours seront elles aussi mises en avant. On retrouve de très nombreuses mentions de l’apparence et de la beauté des gens qui fréquentent la Cour du roi (au sujet du cercle de la reine « tout ce qu’il y avait de plus beau et de mieux fait, de l’un et de l’autre sexe, ne manquait pas de se trouver »).

Madame de Lafayette précise que beauté et naissance vont de pair « Jamais cour n’a eu tant de belles personnes et d’hommes admirablement bien faits, et il semblait que la nature eût pris plaisir à placer ce qu’elle donne de plus beau dans les plus grandes princesses et dans les plus grands princes. », montrant par là une certaine vision élitiste de la beauté suprême, apanage des nobles.

La « galanterie » : un jeu social fondé sur le paraître

À la Cour, plaire n’est pas un plaisir, c’est une activité à part entière. La galanterie est le vernis qui recouvre les ambitions et les rivalités. Pour réussir, il faut maîtriser l’art de la dissimulation : on sourit à ses ennemis et on cache ses passions les plus vives.

Notion clé : La Galanterie

Dans le roman, la galanterie désigne ce mélange de politesse raffinée, de jeu de séduction et de diplomatie. C’est une dissimulation acceptée : tout le monde sait que le jeu est truqué, mais tout le monde y participe pour maintenir son rang.

« L’ambition et la galanterie étaient l’âme de cette cour, et l’occupaient également. »

Cette quête permanente pour plaire crée un climat de méfiance généralisée. Puisque tout le monde cherche à briller, personne ne montre son vrai visage. La dissimulation devient alors une stratégie de défense indispensable pour ne pas être la cible des moqueries ou des complots.

Par ailleurs, dès les premières pages la « dissimulation » de la reine est mentionnée : « elle avait une si profonde dissimulation qu’il était difficile de juger de ses sentiments ».

De manière générale, tout le monde à la Cour semble avoir des secrets et semble participer à des manigances (cf. lorsque la princesse de Clèves dit à sa mère au début du roman qu’elle souhaite être informée des « divers intérêts » et des « diverses liaisons » de la Cour).

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À retenir : La dissimulation n’est pas qu’une affaire de sentiments amoureux ; c’est un outil politique. Même les figures d’autorité (la Reine) l’utilisent comme une arme pour régner et se protéger.

2 Mise en garde de la part de Madame de Chartres à sa fille, la Princesse de Clèves

La dissimulation étant omniprésente dans la société dépeinte dans le roman, Madame de Chartres met en garde sa fille selon une formule devenue célèbre :

« Si vous jugez sur les apparences en ce lieu-cy, vous serez souvent trompée : ce qui paraît n’est presque jamais la vérité ».

Les apparences sont donc bel et bien trompeuses, et sa fille étant encore inexpérimentée, elle l’instruit à ce sujet. Nous avons là une loi basique à la Cour d’Henri II : dissimuler y est l’état normal de la vie en société.

Au moment de sa mort, Madame de Chartres fera cette injonction à sa fille : « Retirez-vous de la cour », comme s’il s’agissait d’un endroit nocif et dangereux.

💡 À noter : Cette mise en garde maternelle présente la Cour non plus comme un lieu de « magnificence », mais comme un théâtre de dupes où la survie dépend de la capacité à percer le secret des autres.

II. Les personnages ont tous des secrets 

Deuxième Partie

II. Les personnages ont tous des secrets

Après avoir analysé le cadre social de la Cour, nous allons voir comment cette loi du silence et du paraître s’incarne chez les individus eux-mêmes. Dans cet univers, posséder un secret est une condition de survie, mais c’est aussi ce qui précipite le drame.

1 La Princesse de Clèves : un secret inavouable et une dissimulation de soi

Le cœur du roman repose sur le secret de l’héroïne : sa passion naissante et irrépressible pour le duc de Nemours. Pour la Princesse, ce sentiment est inavouable car il contredit les principes de vertu et de fidélité qu’elle a reçus de son éducation.

La dissimulation comme lutte interne :

La Princesse prend un soin extrême à dissimuler ses émotions. Chaque regard, chaque rougeur doit être contrôlé. Cette dissimulation n’est pas une tromperie malveillante, mais une stratégie de défense morale pour rester fidèle à elle-même et à son mari.

C’est cette tension permanente entre ce qu’elle ressent et ce qu’elle montre qui fait de La Princesse de Clèves le chef-d’œuvre du roman d’analyse. Le lecteur devient le témoin privilégié de ce que la Cour ne doit pas voir.

La Princesse de Clèves, aussi discrète et bien éduquée qu’elle soit, se retrouve rapidement à avoir elle aussi un lourd secret à porter, qu’elle devra dissimuler. En effet, peu de temps après son mariage, elle rencontre le duc de Nemours et un coup de foudre réciproque les unit. Mais elle ne peut céder à cette passion car elle est mariée et ne souhaite pas contrevenir à la morale (même si les liaisons sont par ailleurs nombreuses à la Cour, en témoigne la romance publique du roi avec Madame de Valentinois par exemple). La vertu est pour elle une valeur cardinale. Elle va donc devoir dissimuler ses sentiments pour le duc de Nemours et elle réussira fort bien à le faire. Elle ne dit rien, même pas à sa mère, dont elle est pourtant proche : « Elle ne se trouva pas la même disposition à dire à sa mère ce qu’elle pensait des sentiments de ce prince qu’elle avait eue à lui parler de ses autres amants : sans avoir un dessein formé de le lui cacher, elle ne lui en parla point. »

Notion Clé

La vertu dans l’œuvre

La vertu ne se résume pas à une simple honnêteté. C’est une force morale qui pousse l’individu à agir en accord avec des principes supérieurs (honneur, devoir, fidélité), même au prix de ses propres désirs.

Pour la Princesse de Clèves, elle est indissociable du repos (la tranquillité de l’âme). Dissimuler sa passion est un acte de vertu : c’est un combat pour rester « estimable » à ses propres yeux.

2 Les autres personnages : un réseau de secrets partagés et propagés

La Princesse n’est pas la seule à porter un fardeau caché. Dans le roman, tous les personnages, ou presque, sont impliqués dans des secrets qu’ils partagent, découvrent ou contribuent à propager. La dissimulation est le moteur de toutes les interactions sociales à la Cour.

La mécanique du secret :

  • Le Duc de Nemours : Il doit dissimuler son amour pour la Princesse afin de ne pas compromettre sa réputation, mais il est aussi celui qui surprend les secrets des autres (comme l’épisode de l’aveu).
  • Le roi et la reine : Leurs intrigues politiques et amoureuses reposent sur des alliances secrètes et des trahisons feutrées.
  • Les courtisans : Ils agissent comme des agents de propagation. Un secret découvert devient immédiatement une arme pour détruire un rival ou gagner les faveurs d’un puissant.

Cette circulation permanente de l’information cachée crée un climat de méfiance généralisée. Le roman montre que le secret est une monnaie d’échange périlleuse.

  • Madame de Chartres fait mention à sa fille de nombreuses intrigues de la Cour. On peut penser par exemple à la liaison entre M. le duc d’Orléans et une femme de la Cour, que Madame de Chartres ne veut pas nommer pour pour préserver sa réputation : « Je ne vous la nommerai pas, parce qu’elle a vécu depuis avec tant de sagesse, et qu’elle a même caché avec tant de soin la passion qu’elle avait pour ce prince, qu’elle a mérité que l’on conserve sa réputation. » Madame de Chartres est d’avis que cacher cette liaison est un acte vertueux qui mérite à la protagoniste que l’on préserve sa réputation.
  • Le duc de Nemours ne parle tout d’abord à personne de son amour pour la Princesse : « Il n’en parla pas même au vidame de Chartres, qui était son ami intime, et pour qui il n’avait rien de caché. » Lui aussi fait dans la dissimulation, pour protéger la Princesse, dont il est éperdument amoureux.
  • Monsieur de Clèves évoque devant sa femme la liaison secrète de Mme de Tournon avec le comte de Sancerre, mais aussi avec d’autres hommes, ce qui surprend Madame de Clèves, qui ne s’en doutait pas : « Je ne saurais croire, interrompit Mme de Clèves, que Mme de Tournon, après cet éloignement si extraordinaire qu’elle a témoigné pour le mariage depuis qu’elle est veuve, et après les déclarations publiques qu’elle a faites de ne se remarier jamais, ait donné des espérances à Sancerre. » Monsieur de Clèves précise que le duc de Tournon lui avait caché cette liaison.
  • Mme de Thémines, dans sa lettre au Vidame, explique comment elle a usé de dissimulation pour tromper son ancien et volage amant sur la nature réelle de ses sentiments.
  • Exemple issu du parcours associé : Les liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos. Dans ce roman, la marquise de Merteuil fait alliance avec le vicomte de Valmont pour se venger de son ancien amant et pour salir l’honneur et la réputation de Cécile de Volanges, la future épouse du compte de Gercourt. C’est un exemple des nombreux stratagèmes et dissimulations que les personnages font pour arriver à leurs fins.
Troisième Partie

III. Cependant, la dissimulation a des limites

Les secrets sont nombreux dans le roman, mais on peut dire également qu’ils sont mal gardés. Tout finit par se savoir, c’est-à-dire que la dissimulation ne dure jamais longtemps. Les différents personnages contribuent à révéler ceux des autres, et un exemple se distingue : celui de la Princesse de Clèves qui avoue ses sentiments coupables à son mari.

1 Le fameux aveu au mari fait de la princesse une héroïne de la sincérité

L’épisode de l’aveu constitue le point de rupture du roman. En choisissant de révéler à son mari qu’elle éprouve des sentiments pour un autre, la Princesse brise radicalement la loi du silence qui règne à la Cour.

Un acte révolutionnaire :

Alors que tous les autres personnages utilisent la dissimulation pour tromper ou se protéger, elle utilise la sincérité comme une arme morale. Cet aveu, bien qu’il soit tragique dans ses conséquences, l’élève au-dessus des autres courtisans : elle refuse de participer au jeu des apparences, même si cela doit briser son propre bonheur.

C’est précisément cette quête de vérité absolue qui fait d’elle une héroïne hors du commun. Elle préfère la souffrance de la sincérité au confort de la dissimulation.

Ce que la princesse de Clèves prend bien soin de cacher à tous tout au long du roman, elle décide de le révéler à son mari. Par cet aveu, la dissimulation prend fin vis-à-vis de lui.

De plus, le duc de Nemours est caché et entend l’aveu. Cela montre que les secrets sont vites révélés, soit parce  qu’ils sont trop lourds à porter et que la personne est contrainte d’en parler pour se soulager d’un poids, soit parce que le secret est découvert.

La Princesse de Clèves fera ensuite un second aveu, celui de ses sentiments pour le duc de Nemours, une fois son mari décédé, cet aveu étant assorti d’une fin de non recevoir qu’elle adresse à son amant platonique : elle ne veut pas vivre cette passion et décide de se retirer de la Cour. C’est donc elle qui a le courage de mettre fin aux dissimulations qu’elle a été contrainte de faire pendant un temps, du fait de sa passion coupable.

De manière générale, on voit que la Princesse de Clèves ne manie pas comme les autres membres de la Cour l’art de la dissimulation. Lorsqu’elle voit le duc de Nemours ou que quelqu’un le mentionne devant elle, elle rougit (cela est mentionné plusieurs fois dans le roman). Elle ne sait pas préserver activement son secret, elle ne le fait qu’en se taisant. Ceci la positionne à part par rapport aux autres personnages de la Cour.

Ces aveux et l’attitude de la Princesse de Clèves montrent la différence entre elle et le reste de la Cour. Marie-Anne Charbonnier la présente comme l »héroïne de la sincérité, contre l’hypocrisie qui est la loi du monde de la Cour« . Elle rompt les habitudes de dissimulation qui sont la base des rapports sociaux dans son milieu, c’est certainement aussi cela qui fait d’elle une héroïne exceptionnelle.

2 Les secrets : une simple intrigue ou un témoignage historique ?

On peut se demander si ces secrets sont de véritables mystères ou s’ils représentent simplement le témoignage d’une manière de vivre propre à l’époque de la Cour.

La dissimulation comme art de vivre :

Au XVIIe siècle (et sous Henri II), la vie privée n’existait quasiment pas. Être à la Cour, c’était être en représentation permanente. La dissimulation n’était donc pas forcément une volonté de tromper, mais une nécessité sociale pour protéger son intimité et son rang dans un monde où chaque geste était épié.

Le roman de Madame de Lafayette n’invente pas cette culture du secret ; il la fige pour nous montrer que la vérité est presque impossible à atteindre dans un milieu où l’apparence est la seule monnaie d’échange acceptée.

Nous pouvons douter du fait que le but réel des différentes dissimulations soit de garder les choses secrètes. En effet, les liaisons entre gens de la Cour sont monnaie courante, les infidélités sont banales, comme l’explique Madame de Chartres à sa fille : « elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leurs infidélités ». Ce qui est révélé n’est donc pas choquant pour les gens de la cour, alors pourquoi tant d’efforts et de cachotteries ?

Les entrevues entre hommes et femmes sont l’occasion d’échanger des informations sur des « galanteries » supposées être secrètes. Dissimuler, espionner des secrets et les raconter semblent donc être des activités normales de la Cour de l’époque.

Les secrets font des circuits assez alambiqués qui montrent l’intrication des personnages de la Cour entre eux. Finalement, les trajets des secrets sont plus importants que les contenus des secrets eux-mêmes ! Ces trajets indiquent qui connaît qui, qui parle avec qui, qui est ami avec qui, etc.

On peut donc dire que la dissimulation est un véritable mode de vie à la Cour, au sein de laquelle les personnes sincères n’existent pas ou presque. Seule la Princesse de Clèves fait figure d’exception. Elle ne participe d’ailleurs à colporter aucune histoire, bien qu’elle en écoute plusieurs pour s’instruire et qu’elle met toute son énergie à cacher sa passion interdite, avant de finalement refuser de participer à ce système et d’avouer ce qui lui pèse sur le coeur.

Conclusion

La Cour du roi Henri II, telle que dépeinte par Madame de Lafayette dans le roman La Princesse de Clèves est bien un lieu où la dissimulation fait loi : elle est presque érigée en art de vivre tant tous les personnages sont impliqués dans des liaisons, ou bien dans l’espionnage, ou le commentaire sur les liaisons découvertes. Au milieu de ce monde dont elle est encore trop naïve pour maîtriser les règles, la Princesse de Clèves se retrouve bien malgré elle à devoir protéger son secret des oreilles et des yeux de ceux qui aimeraient la voir devenir comme de nombreuses autres femmes de la Cour, impliquées dans des infidélités. Refusant de participer à ce système hypocrite, elle préférera avouer à son mari ses sentiments pour un autre, puis avouer ses sentiments à celui dont elle est amoureuse tout en protégeant sa vertu et en restant en accord avec ses principes moraux puisqu’elle se retire finalement de la cour. Si le roman est celui de la dissimulation, nous voyons donc que la dissimulation a des limites puisque les secrets qui font l’objet de dissimulations sont éventés, par un moyen ou un autre. Ce roman rappelle Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos, publié en 1782, qui traite de la manipulation réalisée par un duo de maîtres en la matière, la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont. Tout comme dans le roman de Madame de Lafayette, ce roman épistolaire nous donne des indications précieuses au sujet des moeurs particulières qui prévalaient au sein de la noblesse de l’époque.

💡

Remarques importantes

Il n’est pas nécessaire de connaître par cœur les différentes citations que nous avons mises dans le plan détaillé. Vous pouvez en retenir 2 ou 3 pour appuyer vos arguments le jour de l’examen.

Vous pouvez approfondir votre connaissance de l’œuvre La Princesse de Clèves en lisant ceci :

📚 Ressources autour de La Princesse de Clèves
Quiz

✍️ Avez-vous bien lu La Princesse de Clèves ?

Testez vos connaissances sur l’œuvre (25 questions).

1L’action de La Princesse de Clèves se déroule principalement à la cour de :
  • A. François Ier
  • B. Henri II
  • C. Charles IX
  • D. Louis XIII
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Henri II
2Au début du roman, l’auteur insiste surtout sur :
  • A. La misère du peuple
  • B. La magnificence et la galanterie de la cour
  • C. La simplicité des mœurs
  • D. La sévérité religieuse
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : La magnificence et la galanterie de la cour
3Laquelle de ces propositions caractérise le mieux le duc de Nemours ?
  • A. Un soldat courageux mais sans grâce
  • B. Un courtisan d’une beauté et d’un charme exceptionnels
  • C. Un homme pieux et retiré
  • D. Un diplomate vieux et malade
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Un courtisan d’une beauté et d’un charme exceptionnels
4Le prince de Clèves se distingue surtout par :
  • A. Sa laideur physique mais une grande fortune
  • B. Sa prudence rare pour son âge et sa magnificence
  • C. Son goût exclusif pour la religion
  • D. Sa haine de la vie de cour
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Sa prudence rare pour son âge et sa magnificence
5Avant son mariage, Mlle de Chartres est marquée par :
  • A. Une éducation mondaine et frivole
  • B. Une éducation très morale et prudente, centrée sur la vertu
  • C. Une instruction uniquement religieuse
  • D. Un goût marqué pour la politique
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Une éducation très morale et prudente, centrée sur la vertu
6Le mariage de l’héroïne avec le prince de Clèves est présenté comme :
  • A. Un mariage d’amour réciproque
  • B. Un mariage arrangé, respectueux mais sans véritable passion de sa part
  • C. Un mariage imposé par le roi
  • D. Un mariage secret et clandestin
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Un mariage arrangé, respectueux mais sans passion de sa part
7Le premier grand trouble amoureux de Mme de Clèves naît :
  • A. Lors d’une rencontre avec Nemours à un bal
  • B. Pendant un pèlerinage
  • C. Lors d’une chasse en forêt
  • D. À la suite d’une lettre anonyme
Vérifier la réponse
✅ Réponse A : Lors d’une rencontre avec Nemours à un bal
8L’originalité majeure du roman réside dans le fait que Mme de Clèves :
  • A. Quitte la cour sans prévenir
  • B. Avoue à son mari qu’elle aime un autre homme, sans le nommer
  • C. Demande le divorce au roi
  • D. Épouse en secret Nemours
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Avoue à son mari qu’elle aime un autre homme, sans le nommer
9La mort du prince de Clèves est liée notamment :
  • A. À une blessure de guerre
  • B. À la peste
  • C. À la jalousie et à la douleur causées par l’aveu
  • D. À un duel avec Nemours
Vérifier la réponse
✅ Réponse C : À la jalousie et à la douleur causées par l’aveu de sa femme
10À la fin du roman, la princesse de Clèves :
  • A. Épouse finalement Nemours
  • B. Se retire en grande partie du monde, entre solitude et dévotion
  • C. Devient dame d’honneur
  • D. Se remarie
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Se retire entre solitude et dévotion
11Le rôle principal de Mme de Chartres est :
  • A. De la pousser à la conquête des faveurs
  • B. De lui enseigner une morale fondée sur la prudence et la vertu
  • C. De lui apprendre à dissimuler pour réussir
  • D. Le couvent
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Enseigner une morale de prudence et de vertu
12Pour Mme de Chartres, la cour est surtout perçue comme :
  • A. Un monde neutre
  • B. Un lieu dangereux où règnent la dissimulation et la galanterie
  • C. Un refuge moral
  • D. Une école de piété
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Un lieu dangereux (dissimulation et galanterie)
13La relation entre la reine-dauphine et Nemours se caractérise par :
  • A. Un amour avoué
  • B. Des rumeurs et soupçons de galanterie
  • C. Une inimitié ouverte
  • D. Une ignorance
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Des rumeurs et soupçons de galanterie
14Le vidame de Chartres est présenté comme :
  • A. Un modèle de vertu austère
  • B. Un homme mêlé aux intrigues galantes (affaire de la lettre)
  • C. Un simple soldat
  • D. Un religieux
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Un homme mêlé aux intrigues galantes
15La première grande scène de rencontre avec Nemours est :
  • A. Une messe
  • B. Un bal où ils dansent ensemble
  • C. Une chasse
  • D. Un conseil
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Un bal où ils dansent ensemble
16Un des motifs récurrents de la naissance du sentiment est :
  • A. Les présents
  • B. Le jeu des regards et des signes muets
  • C. Des déclarations publiques
  • D. Des lettres explicites
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Le jeu des regards et des signes muets
17La jalousie du prince de Clèves naît surtout :
  • A. Des rumeurs et indices qu’il interprète
  • B. D’un rival politique
  • C. D’une dispute
  • D. D’un malentendu
Vérifier la réponse
✅ Réponse A : Des rumeurs et des indices interprétés
18Lorsque Mme de Clèves avoue son amour à son mari, elle :
  • A. Donne le nom de Nemours
  • B. Avoue le sentiment sans nommer l’objet
  • C. Nie tout
  • D. Demande la séparation
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Avoue sans nommer l’objet de cet amour
19Face à l’aveu de sa femme, le prince éprouve :
  • A. Indifférence
  • B. Admiration pour sa sincérité et douleur jalouse
  • C. Joie
  • D. Curiosité
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Admiration (sincérité) et douleur (jalousie)
20La mort du prince est liée, sur le plan moral, à :
  • A. La lassitude
  • B. La blessure d’amour-propre et le tourment de l’aveu
  • C. Complot
  • D. Fuite
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Blessure d’amour-propre et tourment de l’aveu
21Après la mort du prince, le duc de Nemours :
  • A. Se marie
  • B. Manifeste sa passion mais se heurte au refus de l’héroïne
  • C. Quitte la cour
  • D. Favori
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Se heurte à la décision de retrait de l’héroïne
22La décision finale de la princesse vis-à-vis de Nemours est :
  • A. Mariage différé
  • B. Renoncer à l’épouser malgré l’amour porté
  • C. Fuite
  • D. Rupture familiale
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Renoncer à l’épouser malgré l’amour
23La vertu de Mme de Clèves consiste surtout à :
  • A. Ne rien ressentir
  • B. Reconnaître sa passion mais choisir de ne pas y céder
  • C. Faire semblant
  • D. Obéissance politique
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Ne pas céder à sa passion dans les actes
24Le roman La Princesse de Clèves se distingue surtout par :
  • A. Absence de cour
  • B. La peinture psychologique précise des mouvements du cœur
  • C. Fantastique
  • D. Anonymat
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : La peinture psychologique précise
25La dernière image de la princesse est celle :
  • A. D’une dame comblée
  • B. D’une femme retirée, fidèle à un idéal exigeant de vertu
  • C. Conspiratrice
  • D. Remariée
Vérifier la réponse
✅ Réponse B : Une femme retirée fidèle à un idéal de vertu

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Sur l’œuvre de Mme de Lafayette

Analyse
🔹 Pourquoi la Princesse de Clèves refuse-t-elle finalement d’épouser Nemours ?
Elle refuse par peur de la jalousie, par fidélité à la mémoire de son mari, mais surtout pour préserver son « repos ». Elle sait qu’à la Cour, la passion s’éteint et elle préfère rester fidèle à son idéal de vertu.
Contexte
🔹 Qu’est-ce que le « classicisme » dans La princesse de Clèves?
Le classicisme se traduit par la recherche de l’ordre, de la mesure et de la clarté. Dans le roman, cela se voit dans le style pur et dans la lutte de l’héroïne pour que sa raison domine ses passions.
Structure
🔹 Quel est le rôle des épisodes « digressifs » (les histoires imbriquées) ?
Ces récits ne sont pas inutiles : ils servent de miroirs ou d’avertissements. Ils montrent à l’héroïne que la galanterie à la Cour mène toujours au malheur ou à la trahison.
Thématique
🔹 Le prince de Clèves est-il un personnage tragique ?
Oui, car il est le seul à aimer sincèrement sans être aimé en retour de la même manière. Sa mort est causée par son incapacité à supporter la réalité d’une passion que sa femme éprouve pour un autre.
Héroïsme
🔹 En quoi La princesse de Clèves est-il un roman moderne ?
C’est le premier roman d’analyse psychologique. Contrairement aux romans d’aventures de l’époque, l’action est intérieure : ce sont les mouvements du cœur et de l’esprit qui comptent.

Sur la Dissertation au Bac

Méthode
🔹 Combien de parties doit faire un plan de dissertation au Bac ?
Idéalement 3 parties, mais un plan en 2 parties très bien structuré (Thèse / Antitèse) reste acceptable. L’important est la progression logique de l’argumentation.
Citations
🔹 Est-il obligatoire de citer le texte par cœur ?
Il vaut mieux une citation courte et exacte (entre guillemets) qu’une longue citation approximative. Si vous n’avez pas le texte exact, vous pouvez évoquer précisément un épisode de l’œuvre.
Introduction
🔹 Comment réussir une bonne « amorce » de dissertation au Bac de français?
Évitez les généralités comme « De tout temps… ». Partez du contexte historique de l’œuvre, du mouvement littéraire (le classicisme) ou d’une tension centrale du parcours associé.
Arguments
🔹 Puis-je utiliser des exemples en dehors de l’œuvre au programme du Bac de français?
Oui, c’est même conseillé ! Vous devez utiliser vos lectures cursives et votre culture personnelle pour enrichir votre réflexion, tant qu’elles restent liées au sujet.
Conclusion
🔹 Qu’est-ce qu’une bonne « ouverture » en conclusion de dissertation ?
C’est un élargissement du sujet. Vous pouvez faire un lien avec une œuvre plus moderne, un autre genre littéraire ou une question philosophique soulevée par le parcours.

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Une réflexion sur “Bac de français 2022 – Dissertation sur La Princesse de Clèves avec plan détaillé

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