L’oeuvre La peau de chagrin (1831) s’inscrit dans le programme du Bac de français, dans l’objet d’étude roman, parcours « les romans de l’énergie« . Honoré de Balzac nous plonge dans un récit qui explore les profondeurs de l’âme humaine à travers le destin de Raphaël de Valentin. Ce roman, à lire et comprendre parfaitement pour réussir le bac de français, aborde des thèmes universels : le désir et ses conséquences destructrices ou encore la lutte entre l’homme et son destin.
Découvrez la partie 2 de notre sélection de citations sur Peau de chagrin.
Bac de français, Citations peau de chagrin (Balzac)
Les citations suivent l’ordre du texte et vous permettent de mieux le comprendre afin d’enrichir vos dissertations sur Peau de chagrin.
La femme sans cœur
Au dîner fastueux qui a des allures de bacchanales antiques, Raphaël (le personnage principal, qui a fait un pacte avec le diable pour avoir tout ce qu’il veut), raconte son histoire à son ami Émile.
Sa famille s’est retrouvée ruinée et son père est mort sans rien pouvoir lui laisser. Inexpérimenté avec les femmes, il se retrouvait sans cesse seul :
n’ayant jamais trouvé d’oreilles à qui confier mes propos passionnés, de regards où reposer les miens, de cœur pour mon cœur, j’ai vécu dans tous les tourments d’une impuissante énergie qui se dévorait elle-même, soit faute de hardiesse ou d’occasions, soit inexpérience.
Oh ! se sentir né pour aimer, pour rendre une femme bien heureuse, et ne pas avoir trouvé même une courageuse et noble Marceline ou quelque vieille marquise ! Porter des trésors dans une besace et ne pouvoir rencontrer personne, pas même une enfant, quelque jeune fille curieuse, pour les lui faire admirer. J’ai souvent voulu me tuer de désespoir.
Raphaël se met en tête de travailler dur pour écrire un livre (une histoire royaliste de la révolution) et se faire un nom, en dépensant le moins possible car il est sans le sou :
Amant efféminé de la paresse orientale, amoureux de mes rêves, sensuel, j’ai toujours travaillé, me refusant à goûter les jouissances de la vie parisienne.
Nous sommes maîtres d’abandonner la femme qui se vend, mais non pas la jeune fille qui se donne : elle ignore l’étendue de son sacrifice.
Puis, je l’avoue à ma honte, je ne conçois pas l’amour dans la misère (…). Ah ! vive l’amour dans la soie, sur le cachemire, entouré des merveilles du luxe qui le parent merveilleusement bien, parce que lui-même est un luxe peut-être.
En présence de mes romanesques fantaisies, qu’était Pauline ? Pouvait-elle me vendre des nuits qui coûtent la vie, un amour qui tue et met en jeu toutes les facultés humaines ? Nous ne mourons guère pour de pauvres filles qui se donnent ! Je n’ai jamais pu détruire ces sentiments ni ces rêveries de poète. J’étais né pour l’amour impossible, et le hasard a voulu que je fusse servi par delà mes souhaits.
Toi, tu travailles : eh ! bien, tu ne feras jamais rien. Moi, je suis propre à tout et bon à rien, paresseux comme un homard :
eh ! bien, j’arriverai à tout. Je me répands, je me pousse, l’on me fait place : je me vante ? l’on me croit. La dissipation, mon cher, est un système politique. La vie d’un homme occupé à manger sa fortune devient souvent une spéculation ; il place ses capitaux en amis, en plaisirs, en protecteurs, en connaissances.
Rastignac invite Raphaël à faire la rencontre de la comtesse Foedora, une riche dame vaguement russe, convoitée de tous mais qui ne cède aux avances de personne. Elle précipitera le jeune homme dans les dettes :

Il tombe peu à peu amoureux d’elle :
Si d’abord, animé d’une volonté ferme et du désir de me faire aimer, je pris un peu d’ascendant sur elle, bientôt ma passion grandit, je ne fus plus maître de moi, je tombai dans le vrai, je me perdis et devins éperdument amoureux.
Cependant, cette dernière le met en garde contre les sentiments et lui brise le coeur. Il continue malgré tout de la fréquenter et de lui consacrer son moindre sou.
Son ami Rastignac lui trouve un moyen de gagner de l’argent en écrivant pour quelqu’un d’autre. Raphaël est choqué de l’aspect mercantile de la chose, mais le fait quand même car il a vraiment besoin d’argent.
Il souscrit aussi des emprunts pour pouvoir travailler moins et passer plus de temps avec Foedora. Mais voir Foedora lui coûte cher et il se retrouve sans cesse sans le sou (la gêne = la pauvreté) :
Cette gêne constante maléficiait toute ma vie.
Sa logeuse, Madame Gaudin, voit dans l’avenir qu’il va recevoir un héritage. Sa fille Pauline glisse des écus dans les affaires de Raphaël à chaque fois qu’il est désespéré, pour lui permettre de tenir un jour de plus.
Un jour, Pauline lit dans les lignes de sa main et fait cette prophétie qui est aussi une ANALEPSE :
– Vous épouserez une femme riche ! dit-elle, mais elle vous donnera bien du chagrin. Ah ! Dieu ! elle
vous tuera. J’en suis sûre.
Fou d’amour pour Foedora, il tente de la convaincre de l’aimer, mais elle lui dit qu’elle ne l’aime pas et ne veut plus le voir.
Son ami Rastignac essaie de lui remonter le moral :
Écoute, reprit-il, j’ai comme tous les jeunes gens médité sur les suicides. Qui de nous, à trente ans, ne s’est pas tué deux ou trois fois ? Je n’ai rien trouvé de mieux que d’user l’existence par le plaisir. Plonge-toi dans une dissolution profonde, ta passion ou toi, vous y périrez. L’intempérance, mon cher ! est la reine de toutes les morts.
En menant une vie enragée, peut-être trouverons-nous le bonheur par hasard.
Voilà, mon cher, comment je me perdis. Il suffit à un jeune homme de rencontrer une femme qui ne l’aime pas, ou une femme qui l’aime trop, pour que toute sa vie soit dérangée. Le bonheur engloutit nos forces, comme le malheur éteint nos vertus.
La débauche est certainement un art comme la poésie, et veut des âmes fortes.
– Au diable la mort ! s’écria-t-il en brandissant la Peau. Je veux vivre maintenant ! Je suis riche, j’ai toutes les vertus. Rien ne me résistera. Qui ne serait pas bon quand il peut tout ? Hé ! hé ! Ohé ! J’ai souhaité deux cent mille livres de rente, je les aurai. Saluez-moi, pourceaux qui vous vautrez sur ces tapis comme sur du fumier ! Vous m’appartenez, fameuse propriété ! Je suis riche, je peux vous acheter tous, même le député qui ronfle là. Allons, canaille de la haute société, bénissez-moi ! Je suis pape.

– « Ma vie a été un trop long silence. Maintenant, je vais me venger du monde entier. » (Raphaël s’adressant à son ami Émile)
Raphaël montre à son ami Émile la peau de chagrin (le talisman) et lui explique comment elle fonctionne :
– J’ai souhaité deux cent mille livres de rente, n’est-il pas vrai ? Eh bien, quand je les aurai, tu verras la diminution de tout mon chagrin.
Le lendemain, au réveil dans le lieu de la fête, un banquier vient apporter la nouvelle à Raphaël qu’il est l’héritier d’un oncle qui lui a légué 6 millions.
Rendu à toute sa raison par la brusque obéissance du sort, Raphaël étendit promptement sur la table la serviette avec laquelle il avait mesuré naguère la Peau de chagrin. Sans rien écouter, il y superposa le talisman, et frissonna violemment en voyant une assez grande distance entre le contour tracé sur le linge et celui de la Peau.
Le monde lui appartenait, il pouvait tout et ne voulait plus rien.
Les convives de la fête apprenant la nouvelle de son enrichissement soudain veulent tous quelque chose de lui, mais lui sait désormais que chaque désir lui coûtera des instants de vie.
La section suivante de l’oeuvre s’appelle « L’agonie ». Les citations sont à suivre dans la partie 3.
Citations de la partie 1 (le talisman)
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