La rage de l’expression, Francis Ponge : fiche de lecture pour le Bac de français

La Rage de l’expression, publiée en 1952, est une œuvre majeure de Francis Ponge, essentielle pour le Bac de Français. Ce recueil, avec Le Parti pris des choses (1942), a contribué à la renommée de l’auteur. Cette fiche de lecture vous permettra de comprendre simplement les idées clés de Ponge et du recueil à lire pour le Bac de français.

Dans La rage de l’expression, Ponge entreprend de refonder le langage, qu’il ne considère pas adapté pour décrire fidèlement le monde. Il cherche à s’éloigner des conventions poétiques traditionnelles pour créer une nouvelle forme d’expression.

Le recueil se compose de sept textes que Ponge qualifie de proèmes, un néologisme combinant prose et poème. Ce terme, dérivé du grec, désigne également l’introduction d’un discours, soulignant l’aspect expérimental de l’œuvre.

La Rage de l’expression illustre le combat de Ponge avec le langage, sa quête du mot juste pour décrire précisément les objets du quotidien. Cette approche novatrice en fait un sujet d’étude privilégié pour le Bac de Français, permettant d’explorer les enjeux de la poésie moderne et de la réinvention du langage poétique.

La rage de l’expression, Francis Ponge : fiche de lecture pour le Bac de français

Le mouvement littéraire de Ponge se situe entre le surréalisme et le nouveau réalisme.

Consultez et téléchargez ci-dessous le résumé de la vie de Francis Ponge :


Avant, les poètes parlaient surtout de la nature, de l’amour, des sentiments…

Ponge, lui, met le corps au premier plan. Il veut montrer que l’humain est avant tout un être physique, avec ses besoins et ses sensations.

C’est un peu comme s’il disait : « Regardez, on est fait de chair et d’os, et c’est ça qui est important ».

Donc, en gros, Ponge fait une poésie du corps, une poésie très matérielle et réaliste, qui change beaucoup de ce qu’on avait l’habitude de lire avant.

Francis Ponge développe une vision matérialiste de la création littéraire, ce qui signifie qu’il met l’accent sur l’aspect physique et concret de l’écriture plutôt que sur les idées abstraites.

D’ailleurs, Ponge ne se voit pas vraiment comme un poète.

En bref :

➡️ Rejet des idées abstraites : Ponge dit qu’il n’est pas très intéressé par les idées ou les théories philosophiques. Il les trouve peu fiables et peu satisfaisantes.

➡️ Importance de la formulation : Au lieu des idées, Ponge se concentre sur la façon dont les choses sont exprimées. Il pense avoir un talent particulier pour cela.

➡️ Écriture comme acte physique : Pour Ponge, écrire n’est pas seulement un travail de l’esprit, mais aussi du corps. Il parle de « secousse de l’esprit et du poignet », montrant que l’écriture implique un mouvement physique.

➡️ Le corps dans l’écriture : Ponge pense que le corps de l’écrivain est présent dans le texte qu’il écrit. L’acte d’écrire laisse une trace physique sur la page.

➡️ Écriture comme transcription : Ponge voit l’écriture comme un moyen de transcrire directement ce qu’on ressent et ce qu’on pense. Il parle de fixer la plume au bout des doigts pour que tout ce qu’on éprouve soit écrit sur le papier.

➡️ Maîtrise de l’outil : Pour Ponge, devenir un véritable écrivain signifie maîtriser parfaitement l’acte physique d’écrire, au point que cela devienne automatique.

ponge dans l'atelier du poète
Un érudit affûtant sa plume,  Gérard Dou, 1633.

Imaginez que Francis Ponge est un artiste qui, au lieu de peindre des paysages romantiques ou des portraits idéalisés, décide de dessiner la réalité du corps humain, sans rien cacher.

Constantin Somov, Le boxeur (1933)

La réalité du corps…qu’elle soit séduisante ou non, peu importe.

Ce qu’il fait :

➡️ Il parle du corps comme quelque chose de concret : la peau, les muscles, les sensations physiques (fatigue, faim, etc.).

➡️ Il n’a pas peur de montrer les choses « pas jolies » comme les sécrétions du corps

l’expression peut être considérée comme une simple éjaculation : donc ne tendant à rien d’autre… […]
Un jet inconscient de semence, ou une simple défécation, un simple vomissement… etc., etc. 

Francis Ponge, La Fabrique du pré (10 juillet 1970)

➡️ Pour lui, écrire, c’est comme un travail manuel (qui implique le corps) un peu comme un menuisier qui travaille le bois.

➡️ Il se concentre sur ce qu’il ressent avec son corps, plus que sur ses émotions ou ses pensées.

➡️ Il dit que son corps est plein de choses qu’il a vécues (des musées visités, des joies, des déceptions…).

Cette focalisation sur l’acte d’écrire et sur le processus d’écriture explique le parcours associé à l’oeuvre qui est le parcours « dans l’atelier du poète« .

En résumé, Ponge considère l’écriture comme un acte très concret, physique, plutôt que comme une activité purement intellectuelle. Cette approche reflète sa vision matérialiste du monde et de l’art.

Imaginez écrire une histoire. Francis Ponge dit que ce n’est pas juste quelque chose qui se passe dans ta tête, mais aussi dans votre corps.

Voici comment Ponge voit l’écriture:

  1. Tout le corps participe : Quand il écrit, ce n’est pas seulement son cerveau qui travaille. Sa langue, ses mains, ses yeux, tout son corps est impliqué (et de même pour nous).
  2. Les outils font partie de nous: notre stylo ou notre crayon, c’est comme une extension de notre bras. Ponge dit que c’est presque comme un nouvel organe attaché à notre corps.
  3. L’écriture est une action : Ce n’est pas juste penser à des idées. C’est vraiment faire quelque chose, comme quand vous jouez au foot ou que vous dessinez.
  4. On peut voir comment ça se fait : Ponge pense qu’il est intéressant de montrer comment on écrit, pas juste le résultat final. C’est un peu comme si vous montriez à vos amis comment vous avez programmé une appli, pas seulement l’appli terminée. Ponge par exemple publie ses brouillons, contrairement à la plupart des écrivains. Ces brouillons deviennent des livres à part entière.
  5. Écrire, ce n’est pas magique : Avant, les gens pensaient souvent que les écrivains avaient des idées magiques qui leur venaient d’on ne sait où. Ponge dit que non, écrire est un travail concret, comme n’importe quel autre.
  6. C’est un processus : Écrire, ce n’est pas juste avoir une idée et l’écrire tout de suite. C’est un chemin, avec des essais, des erreurs, des changements en cours de route…

En gros, Ponge veut nous faire comprendre que l’écriture n’est pas quelque chose de mystérieux ou de purement mental. C’est une activité physique, concrète, où tout notre corps participe.

La question à laquelle Francis Ponge répond est « comment on écrit ?« .

Le recueil que vous devez étudiez pour le Bac et qui s’intitule La Rage de l’expression (1952) nous indique bien qu’il s’agit de se pencher sur le langage, l’expression, les mots.

Pour lui les mots sont comme les choses : mal connus.

résumé ponge la rage de l'expression

Les choses justement…Ponge s’est beaucoup intéressé à elles.

Francis Ponge, dans Le Parti pris des choses (1942) adopte une approche unique de l’écriture poétique :

Francis Ponge, dans Le Parti pris des choses (1942) adopte une approche unique de l'écriture poétique :
  1. Il « prend le parti des choses » : il se met du côté des objets, se concentre sur les objets ordinaires plutôt que sur les émotions humaines.
  2. Il remet en question le langage : Il cherche à briser le lien habituel entre les mots et les objets qu’ils décrivent.
  3. Il crée une « minorité linguistique » : Ponge manipule la langue standard pour révéler ce qu’elle ne dit pas habituellement.
  4. Il vise à renouveler notre perception : En décrivant les objets de façon inattendue, il nous fait les voir différemment.
  5. Il rejette les définitions conventionnelles : Ponge tente de libérer le langage des définitions courantes pour créer de nouvelles significations.

« Je n’étais pas d’accord sur l’usage que l’on faisait des mots. Il me semble qu’il était bon de placer les mots ailleurs que dans l’idéologie par exemple. Et c’est pour cela que je les confrontais aux choses, pour les laver un peu de l’usage que l’on avait fait d’eux et retrouver une certaine ressource première des mots. Il me semble que la révolte contre des tas de choses est entrée pour beaucoup dans ma volonté de placer les mots dans une situation qui soit autre chose que la propagande, l’idéologie, voire la philosophie »

Francis Ponge

Ponge explique ici pourquoi il a quitté le groupe des surréalistes :

Transcription de l’extrait

BP : vous êtes vous avez appartenu au groupe surréaliste et ce qui est bizarre c’est que vous avez adhéré au groupe surréaliste au moment où pratiquement tout le monde le quittait ou était mis à la porte ou le quittait…

Francis Ponge : c’est justement aussi parce qu’il me semblait que c’était à ce moment-là que je pouvais dire que moi…enfin j’étais plutôt d’accord avec eux, c’est-à-dire que je me suis posé à peu près les mêmes problèmes que que se posaient les surréalistes n’est-ce pas, mais j’étais contre leur le côté un peu théâtral enfin le les tréteaux enfin et les manifestations à tout bout de champ et ils avaient parfaitement raison de faire puisque tel était leur tempérament mais quant à moi, ça ne me convenait pas, si bien que je les suivais d’un peu loin n’est-ce pas j’assistais parfois aux manifestations, il m arrivé d’assister à des manifestations très bruyantes des surréalistes j’ai assisté parant à la première de « Poussière de soleil » ou des choses comme cela ou des des pièces de d’arau de Vitrac par exemple je me souviens de ça mais j’assistais mais je ne je ne faisais pas partie du groupe. C’est au moment même où beaucoup ont quitté le groupe n’est-ce pas après le second cadavre, enfin quand quand il y a eu une attaque violente d’un grand nombre de surréalistes dont plusieurs avaient d’ailleurs du talent, n’est-ce pas, beaucoup de talent, euh ont quittéit bruyamment le groupe que qu’à ce moment-là et enfin j’ai écrit à Breton, Aragon et Éluard en leur disant ne vous inquiétez pas c’est vous qui avait du talent plus que les autres et euh je viens avec vous il y a longtemps que je vous suis que ce que vous faites m’intéresse et maintenant c’est le moment pour moi de vous le dire.

BP: mais comme vous ne faites rien comme les autres vous quittez ensuite le groupe surréaliste je dirais sur la pointe des pieds sans perd alors que tous les gens qui quittent le groupe sur la liste avec perdre s fracas et vous tout tout à fait doucement pourquoi vous l’avez quitté

pour une raison parfaitement surréaliste à laquelle c’est parce que j’aimais une jeune fille qui est d’ailleurs devenue ma femme et je m’occupais que de ça enfin il fallait que je l’arrache à sa famille, enfin que que je l’obtienne, et je ne m’occupais exactement que de ça c’est donc une raison parfaitement surréaliste

BP: vous avez été occupé entièrement par l’amour

FP: ah mais oui j’avais àaire de ce côté-là oui il fallait que je fasse ça mais je les ai pas du tout quitter me fâchant avec eux oui c’est ça c’est bien ce que je dis d’habitudeument pas oui oui

BP: et vous êtes entré à ce moment-là au messagerie achète et vous dit quelque part parce qu’il fallait que

j’ai une profession pour pour que les parents de ma femme enfin de ma enfin de celle dont je voulais faire ma femme me me accepte, enfin c’était pas du tout un un écrivain à peine notoire, n’est-ce pas, même pas du tout, enfin seulement par quelques petit groupe, enfin et et et som tout enfin qui n’avaient aucune profession enfin que que ils auraient pu me consentir, il avaient parfaitement raison je suis donc entré dans ce bagne qu’on appelait les messageries.

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