80% du tourisme se concentre sur 20% du territoire en France. Face à l’essor spectaculaire du surtourisme au cours des quinze dernières années, de plus en plus de destinations voient leur capacité d’accueil saturée, leurs infrastructures sous pression et leurs habitants confrontés à des formes inédites de touristophobie. Pourtant, derrière les slogans « Tourist go home » ou les rapports alarmistes des médias, se cachent des réalités complexes et des paradoxes : tensions entre rentabilité et durabilité, entre droit à la ville et droit au voyage, entre conservation patrimoniale et gentrification. Nous vous proposons une activité de compréhension et de réflexion critique basée sur un documentaire de France 3 diffusé en juin 2025. En analysant les causes du surtourisme, interrogez-vous sur les modèles de développement touristique et leur avenir. Doit-on repenser le tourisme et si oui, comment ?
Les exercices de sont de difficulté croissante et permettent d’approfondir la maîtrise du français, y compris pour des locuteurs non natifs (niveaux B1 à C2). Le fichier PDF de 3 pages pour la classe est disponibles pour nos abonnés.
Plan :
- Le surtourisme : comment les destinations peuvent-elles repenser leur rapport au tourisme?
- Activités autour du documentaire « Surtourisme en Provence »
- CORRIGÉ et fichier PDF (abonnés)
- Transcription complète du documentaire

Le surtourisme : comment les destinations peuvent-elles repenser leur rapport au tourisme?
Regardez le documentaire suivant.
Parties du reportage :
1- les calanques de Marseille : début jusqu’à 7 mn42
2- Porquerolles : 7mn 42 jusqu’à 19mn39
3- Lourmarin : 19mn39 jusqu’à 30mn25
4- Gordes et l’abbaye de Sénanque: 30mn45
5- La Grande Motte : 30mn45 jusqu’à 38mn10
6- Le bon et le mauvais touriste ? 38mn10 jusqu’à 43mn10
7- Marseille et la gestion des flux de touristes : 43mn10 jusqu’à la fin
Activités autour du documentaire « Surtourisme en Provence »
Voici les exercices que nous vous proposons autour de ce documentaire.
EXERCICE 1 – Compréhension et vocabulaire (niveau B1)
Objectifs : dégager le sens global, enrichir le lexique par des synonymes
1/Écoutez du début jusqu’à « … que ça soit plus doux ».
a. Relevez huit mots ou expressions qui expriment l’abondance ou l’excès (« hordes », « massacrer », etc.)
b. Associez-leur, à l’aide d’un dictionnaire :
- un synonyme d’un registre neutre
- un synonyme d’un registre soutenu
Exemple : « hordes » → foule (neutre) / cohorte (soutenu).
2/Compréhension : répondez brièvement (une phrase) aux questions.
a. Quelles étaient les retombées économiques du tourisme en Provence ?
b. Pourquoi la narratrice parle-t-elle d’un « petit bruit de valise à roulettes » ?
3/Faites correspondre chaque passage du texte (A à D) avec l’idée principale donnée (1 à 4).
A. « … année record, saison record, recette record »
B. « … on déprécie un peu les gens qui viennent … »
C. « 8% du PIB en Provence »
D. « il faut l’étaler pour que ça soit plus doux »
Idées : 1. Solution proposée 2. Ambivalence locale 3. Impact financier 4. Succès passé
4/ Localisez les lieux mentionnés dans le documentaire sur la carte de France :
Lieux : les calanques de Marseille – Porquerolles – Lourmarin – Gordes et l’abbaye de Sénanque – La Grande-Motte – Lacanau

EXERCICE 2 – Analyse fine et expressions idiomatiques (niveau B2)
Objectifs : repérer la nuance, interpréter l’implicite
1/Trouvez dans le reportage 5 expressions imagées ou idiomatiques (ex. » le temps béni des bikinis », « mettre la main à la pâte« …)
a. Expliquez leur sens littéral et figuré.
b. Indiquez si le ton est ironique, familier, soutenu ou neutre.
2/Étude de style :
a. Relevez trois procédés d’humour ou d’ironie (hyperbole, jeu de mots, personnification).
b. Expliquez l’effet produit sur le lecteur et le message sous-jacent concernant le tourisme.
3/Expression ciblée : reformulez les phrases suivantes en gardant l’idée mais en changeant l’attitude (passer d’un ton ironique à un ton factuel par exemple).
– « Partout on cherchait des solutions pour mesurer, contrôler et endiguer ces hordes désormais sauvages… »
– « Les touristes ne semblaient plus les bienvenus ».
EXERCICE 3 – Compréhension critique et débat (niveau C1)
Objectifs : évaluer des arguments, mobiliser des données implicites.
1/Repérez 4 arguments avancés pour justifier la régulation du tourisme et 4 pour défendre son maintien tel quel. Classez-les dans un tableau « Pour / Contre ».
| POUR la régulation 👍 | CONTRE la régulation 👎 |
| 1. | 1. |
| 2. | 2. |
| 3. | 3. |
| 4. | 4. |
| 5. | 5. |
2/Analyse de fiabilité :
a. Cherchez dans le reportage des chiffres précis, vérifiez s’ils sont accompagnés d’une source explicite.
b. Choisissez un des chiffres. Discutez de la crédibilité de ce chiffre : quels éléments manquent pour l’évaluer ?
3/Mise en perspective : en binômes, confrontez ce reportage à une autre source (article, vidéo, étude) sur le surtourisme. Notez :
- convergences ;
- divergences ;
- angles morts éventuels
Précisez aussi pourquoi vous avez choisi cette source plutôt qu’une autre.
4/Restitution orale : en binôme (ou individuellement), vous présentez en 3 minutes une synthèse critique au groupe, puis répondez aux questions.
EXERCICE DE RÉDACTION AVANCÉ (niveau C2)
Sujet : « Le concept de “capacité de charge” touristique doit-il être imposé aux destinations touristiques selon vous ?»
Consignes :
- Rédigez un essai argumentatif structuré (600 mots ± 10%).
- Introduction : contextualisez le phénomène de surtourisme en Provence (référence au reportage).
- Développement : Analysez la notion de capacité de charge (définitions, indicateurs) puis discutez ses avantages et ses limites
- Conclusion : prenez position et proposez deux recommandations concrètes.
Attention :
Variez le registre lexical ; utilisez au moins 2 synonymes de « touriste » et 4 expressions idiomatiques.
Soignez la cohésion (connecteurs logiques variés) et l’argumentation critique.
CORRIGÉ et FICHIER EN PDF

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Transcription complète du documentaire
(assistée par l’IA puis vérifiée et corrigée)
- (voix off) Avant tout allait bien au royaume du tourisme, c’était le temps béni des bikinis, année record, saison record, recette record, la Provence se félicitait d’accueillir de plus en plus de voyageurs venus du monde entier, pour découvrir les trésors que nous, autochtones, étions fiers de partager avec eux.
- Mais depuis quelques temps l’ambiance ne semblait plus à la fête. Partout on cherchait des solutions pour mesurer contrôler et endiguer ces hordes désormais sauvages, qui venaient jusque sur nos plages massacrer nos rives et nos campagnes.
- Les touristes ne semblaient plus les bienvenus et nous supportions de moins en moins le petit bruit de leur valise à roulettes…
- LES CALANQUES : « les pires ce sont les gros weekends du début de saison 1er mai, 8 mai, Pentecôte et là, cette année il y a eu un aqueduc, donc euh quand il y a beaucoup beaucoup de monde, on déprécie un peu les gens qui viennent parce qu’ils deviennent envahissants alors qu’ils sont là pour aider les commerçants à vivre quand même, hein, le tourisme est très important c’est 8 % du PIB en Provence, ça veut dire qu’il y a beaucoup d’emplois derrière, tout ça il faut le conserver mais il faut l’étaler pour que ça soit plus doux [Musique]
- jusqu’à l’été 2022 la calanque de Sugiton offrait à qui voulait ses paysages sauvages et ses criques paradisiaques. Le parc national des Calanques c’était chez nous et au moins ici personne ne risquait de se faire pointer…
- « you have a reservation? Sorry but it’s impossible to go to Sugiton without a reservation »
- c’est le monde entier qui vient vers nous on a encore confirmation que c’est un des plus beaux endroits au monde on a la preuve la Chine, Amérique et puis on a des nouveaux publics quand même depuis quelques années justement on a des Américains, ça on les voyait pas trop
- ça reste de la moyenne montagne, c’est ce qu’on dit au public, un territoire sauvage et authentique les Calanques où il y a des accidents parfois mortels donc on on le rappelle justement de bien se chausser, de s’équiper en eau…
- nous quand je faisais ma première saison avec Tim qui est aussi là, en 2020 c’était la Cannebière ici, on avait beaucoup de gens qui venaient et qui nous demandaient « C’est où la plage? » [Musique]
- – Bonjour messieurs, ça va?
- – ça va et vous?
- -vous revenez de Sugiton ?
- -ouais ça et d’en bas là
- -ok ça marche d’accord
- on s’est fait jeter par en bas là, par la sécurité la sécurité
- fallait réserver à l’avance et du coup on était pas au courant…
- vous avez pas la réservation
- trois jeunes ça va pas non plus faire chier le monde
- oui non mais là c’est parce que là tu prends votre cas, mais dans les années 2000 tu avais pas beaucoup de monde là depuis le Covid depuis 2020 c’était la folie ici et du coup, tu avais plein de gens qui passaient n’importe où et ils créent d’autres sentiers et en créant d’autres sentiers il faisaient partir la terre et le truc c’est que c’est quand même notre fierté cette calanque, donc si tu as la terre qui part tu as les arbres avec et du coup on a perdu à certains endroits 80 cm de terre…
- Ah ouais
- -ça plus l’hyperféquentation où tu avais des pics à 2500-3000 personnes…tu entendais le le ça raisonnait tous les sauts d’en-bas, tu entendais de de de là quoi tu arrivais c’était un concert en bas; là tu as un peu d’apaisement…tu vois juste au-dessus là les gens ne savent pas forcément mais tu as un faucon qui qui est là…ah ouais un faucon pèlerin qui on peut le voir voler
- pour en parler avec des fois des Parisiens qui descendent, eux ils sont complètement épatés par ce qu’on a à côté de nous…parce que eux souvent je leur dis vous si vous avez envie de vous balader vous allez avoir la Seine, nous on a ça quoi ! dans une deuxième plus grande ville de France, on a un espace comme ça où on peut se ressourcer et moi ça a été mon cas…
- là on voit aujourd’hui qu’avec les mises en défense le flux est canalisé
- (voix off) désormais dans nos calanques les flux étaient bien organisés bien canalisés mais pas du tout assuré de bronzer
- » j’ai jamais connu la plage comme ça c’est-à-dire que là la roche on la voyait pas vraiment il y avait tellement de monde et qu’ en fait ça se ressentait là quand on allait dans l’eau et cetera là… je me suis levée tôt pour pouvoir me connecter sur le site et réserver et cetera il y a ce truc un peu faut que je me dépêche faut que j’aie ma place, j’ai l’impression que je vais à un concert alors que je vais juste dans ma ville à la plage, il n’y a plus cette spontanéité qu’on avait avant quoi de dire « Ah bah allez il fait beau finalement Calanque et ah il fait pas beau finalement bah autre chose. » Mais bon après ça fait partie du jeu et pour que tout le monde en profite c’est clair
- des Marseillaises prêtes à jouer le jeu, une nature qui reprenait vie et des touristes comblaient tout le monde semblait prêt à mettre la main à la pâte pour combattre ce surtourisme qui depuis quelques années faisait la une de nos journaux et menacer notre Provence comme à Sugiton, il ne faisait aucun doute qu’une fois qu’on aurait trouvé le bon chiffre le problème serait réglé.
- » j’ai été contactée plus d’une vingtaine de fois par des journalistes qui des médias qui nous demandaient ce qu’on pensait du surtourisme et on avait jamais eu de question avant sur cette question-là alors que la question de la surfréquentation est évidemment une question qui est qui est ancienne
- moi je suis incapable de vous dire s’il y a trop de monde quelque part parce que c’est quelque chose qui est totalement subjectif, il y a pas d’analyse scientifique du « trop de monde », enfin il y a eu des tentatives depuis longtemps sur l’analyse des espaces les capacités de charge des espaces la saturation des espaces on on est capable de de quantifier les choses avec des mouches dans un bocal, des animaux qui paissent dans un pré, et cetera mais on n’est pas capable de le faire pour pour les hommes, c’est c’est une illusion donc on est là dans une subjectivité qui est complète et c’est pour ça que je crois que c’est lorsqu’il y a une autorité légitime qui est responsable de la fréquentation d’un lieu c’est à elle d’évaluer à partir de quand euh… les conditions ne sont plus acceptables [Musique]
- PORQUEROLLES : juillet-août qui est une période un peu compliquée parce que trop touristique vous ne voyez pas les habitants en fait vous vous croisez mais vous voyez pas même nous entre habitants autant l’hiver par exemple on s’arrête on se fait la bise, on discute mais là l’été c’est pas la même une île n’est pas la même en hiver printemps à l’été
- Porquerolles : 12 km² de superficie qui hébergeait 350 habitants l’hiver et jusqu’à 17 fois plus de monde l’été
- parfois on râle parce qu’effectivement il y a les poubelles qui débordent, il y a le manque d’eau il y a bon même si on est content quand même qu’il y ait un peu de vie que les gens viennent partager ça devient difficile quand il y a trop de monde quelqu’un a trop de monde de toute façon tu dis mais même le touriste il voit pas l’île ici cet hôtel tendait les bras aux touristes mais les navettes débarquent chaque matin des flots de visiteurs à la journée qui se pressaient toutes serviettes dehors vers les plages de l’île
- nous sommes à Notre-Dame qui a été élue la plus belle page d’Europe je crois c’est en 2015 un peu pour son malheur je devrais dire parce que quand on vient à Porquerolles c’est « the place to be », il faut revenir avec une photo de Notre-Dame, mais ce qu’on leur montre c’est une carte postale dans lequel il y a une plage blanche magnifique effectivement elle est magnifique mais quand vous êtes 300, c’est l’enfer…
- madame c’est interdit de fumer! faut éteindre votre cigarette…You speak English? (…)
- on est gardien de temple aussi c’est-à-dire qu’on essaie de préserver ce qui plaît aux gens aussi quand ils arrivent mais on est noyé vous amenez 6000 personnes dans la journée à 350 on peut pas on peut pas les accueillir correctement même avec toutes les bonnes volontés du monde forcément il y a des exceptions…
- se faire gardien de Porquerolles, ce n’était pas qu’une simple question d’hospitalité, ici le règlement de copropriété concernait aussi un demi-millier de voisins beaucoup plus discrets
- » on a des mérous, des corbes, un tas d’espèces marines et puis on a la posidonie là qui est vraiment l’herbier fondamental dans notre zone qui fournit jusqu’à 18 L par mètre carré d’oxygène donc c’est encore mieux que la forêt amazonienne et puis des grandes plages de sable qui sont pas exempts, d’ailleurs de vie aussi hein et puis la forêt méditerranéenne qui monte et un peu cachée un vignoble qui fournit à la fois du vin et un coupe-feu pour protéger cette forêt l’un des dangers c’est le risque de feu qui est énorme plus il y a de monde plus il y a ce risque qui qui s’élève et puis l’un des problèmes aussi c’était le caractère de du parc c’est-à-dire les gens ils viennent dans le parc aussi pour se reposer ils viennent aussi pour voir des paysages pas pour revoir du monde comme s’ils étaient dans dans le métro parisien
- (Corinne Van Der Yeught) » si on vient dans l’île parce que justement on veut laisser travailler son imaginaire, être paisible et qu’en même temps j’ai un bruit insensé, des gens qui passent avec des motos des jet ski qui font du bruit, vous comprenez bien que la quiétude du lieu c’est… faut l’oublier or c’était fondateur du caractère de parc, donc ça veut dire que cet élément-là, ce facteur-là il va falloir le protéger.
- c’est un parc qui est très réputé dans le monde outre le fait qu’il est ancien en 1963 sa création, mais il a toujours été en capacité de faire entendre raison aux différentes parties prenantes en fonction des enjeux il va mettre les gens autour de la table, il va rappeler un certain nombre d’exigences que seuls les agents du parc peuvent rappeler parce que les politiques ont peur, les politiques ont peur de dire « Attention notre environnement est fragile. » C’est comme s’ils avaient peur que on leur reproche de brider le développement économique et je pense que c’est une erreur fondamentale mais bon je ne suis pas politique parce que ce que j’observe auprès des agents économiques c’est que eux aussi ont cette conscience-là et préfèrent pouvoir continuer de bénéficier d’un environnement protégé parce que ça assure la pérennité de leur activité
- (commerçant) c’est sujet l’eau vrai sujet et le mètre carré ici ça coûte cher les loyers levé voilà les palettes d’eau elles sont là vous voyez les palets d’eau elles sont là (…) je vends en moyenne actuellement 2000 bouteilles d’eau jour en ce moment et je suis pas au pic au pic c’est 3000 6000 personnes c’est suffisant pour nous faire bien travailler et c’est aussi suffisant pour que l’île à partir du mois de novembre puisse continuer à vivre c’est suffisant dans les deux sens quand quelqu’un vient chez moi entre le 1er avril et le 30 octobre il participe à la vie économique du magasin l’hiver, j’ai deux CDI à l’année quand même euh pour 15 employés en juillet-aout, donc quand même il faut il y a cet équilibre à maintenir
- (Corinne Van Der Yeught) -il y a eu des mesures qui ont été faites en fonction du nombre de personnes qui débarquent dans le port et on leur a administré des questionnaires pour évaluer leur niveau de satisfaction et cette étude a a montré qu’il y avait un décrochage très net qui se produisait lorsqu’on franchissait le seuil des 5000 personnes qui débarquent dans la journée
- on peut aller vers une capacité de charge inférieure à 6000 mais attention à la vie de l’île, ça mettrait en danger obligatoirement la vie de l’île, la vie économique de l’île aujourd’hui les îles elles font rêver
- il y a une époque où on y mettait les bagnes et les usines à soude, c’était ça les îles avant donc aujourd’hui Youpi c’est des îles qui qui vraiment attirent
- et qui sont surfréquentées parce qu’elles sont suradorées, on a des problèmes de riche, c’est-à-dire qu’on est trop aimé, c’est super comme histoire, moi ce que j’espère c’est que dans 10 à 40 ans on est une île qui n’aura toujours pas brûlé avec une forêt méditerranéenne qui aura pu faire un cycle complet avec des arbres vieillissants qui vont mourir de leur belle mort et puis bah des habitants heureux et fiers d’être là, ça très important, très fiers de leur territoire et fiers de le faire partager et non pas inquiet en permanence euh ben de l’afflux que que ça puisse générer.
- vous avez la population niçoise qui s’est révoltée contre les bateaux de croisière dans les îles Canaries vous avez des populations qui dans les îles qui ne veulent plus voir arriver les touristes c’est c’est partout le surtourisme c’est justement ce qu’il faut éviter dans une destination quelle qu’elle soit c’est le moment où le seuil d’intolérance est franchi pour les résidents locaux et où les résidents locaux deviennent agressifs et violents avec les touristes là on est en train de détruire ce qui fonde la relation touristique je sais pas moi j’ai pas envie d’aller dans un pays où les gens vont me jeter des pierres par exemple (rires)
- d’ici 1h30 le village retrouve sa tranquillité et là ben vous pouvez croiser les autochtones voilà qui retrouvent un peu leur île et qui vont maintenant peut-être se diriger vers les plages parce que pour être tranquille, on a un apaisement et on a ça jusqu’à demain matin 9h30, 1h de avant de voir les premiers les premiers arrivé mais là c’est l’heure sympathique coucher de soleil qui va être magnifique et c’est c’est mais actuellement c’est la bonne heure, là [Musique]
- négocier les délicates marées touristiques, préserver l’équilibre subtil des lieux complexes et habités qui veillait au grain quand une destination s’était construite seule dans la jungle de l’attractivité?
- le tourisme il est intéressant pour les touristes pour les vacanciers et pour les locaux à partir du moment où il fait partie d’une économie plus générale quand il devient une monoculture c’est là où ça pose problème donc finalement si on pouvait définir le surtourisme d’un point de vue…on va dire sociologique, ça serait de dire que c’est le moment où il remplace tout le reste.
- Lourmarin :
- ce sont des amis qui sont là depuis 20-25 ans ils sont pas des lourmarinois mais ils viennent régulièrement puis maintenant qu’ils sont à la retraite aussi il viennent plus souvent
- en 50 ans les lourmarinois avaient assisté à la métamorphose de leur commune délaissant terrains agricoles et culture maraichères pour intégrer le club très fermé des « villages stars » du Lubéron
- -« voilà c’est donc la maison où je suis né, mes parents se sont installés dans cette maison quand ils se sont mariés et nous sommes tous nés dans cette maison, ça a d’abord été une garde et maintenant un antiquaire et ici c’était une ancienne boucherie avec le rouge sang là qui est peint sur les murs les anciennes boucheries avaient une devanture peinte de cette couleur, maintenant c’est une galerie d’art, il y avait plusieurs épiceries, il n’y a plus
- -(le maire) l’habitat c’est à peu près 950 logements 42 % de maisons secondaires, 130 meublés de tourisme ici il y a des gens qui disent « mais si vous voulez on peut acheter la rue là et puis on fait que du Airbnb » et ça c’est un véritable danger pour les petits villages parce que ça, ça va les vider
- ça rapporte bien plus de louer euh ses biens pendant quelques semaines durant l’année, que de louer sur toute l’année il y a pas d’impayés avec les meublés de tourisme et comme je dis de temps en temps euh parmi les vendeurs il y a quand même des lourmarinois donc s’ils ont choisi de vendre et de bien vendre ou de très bien vendre, je dirais tant mieux pour eux mais après bon voilà va avoir le beurre et l’argent du beurre comme on dit donc la contrepartie c’est que effectivement pour les jeunes euh ou les même les jeunes actifs c’est…c’est difficile pour se loger à Lourmarin, on est à prix du mètre carré comme en Provence voir même à Paris voire plus dans certain cas donc c’est un peu du délire
- la question c’est : quelle est la maîtrise ? or la maîtrise sur le foncier, la maîtrise sur l’immobilier si elle appartient à des entreprises qui sont basées à l’autre bout du monde, c’est un problème, c’est un problème politique, c’est un problème démocratique et la France pendant très longtemps était le pays qui était le plus libéral au monde sur ces questions-là c’est-à-dire que au début des années 2010 quand cette question-là est arrivée en France c’était déjà un problème à San Francisco, c’était déjà un problème à Barcelone et ça a été perçu comme une solution en France, notamment à Paris euh parce que ça allait permettre de désengorger les hôtels
- ce qui se joue c’est l’éviction de catégories populaires de la population et cette situation là est en train de de faire tâche d’huile dans tout un tas de de lieux où les habitants, non sans raison, considèrent que leur ville est totalement transformée sans leur consentement
- c’est vraiment deux choses où les gens ont bougé c’est faire des parkings sur 3 hectares 5 ça c’était septembre les gens ont commencé à réagir en visualisant il y avait même des plans avec des …et en novembre une révision allégée du PLU1 où il propose de transformer le domaine du Galinier, terre agricole en terre constructible, monter un bâtiment à 12 m et tout ce qui allait avec c’est-à-dire 150 places de parking nécessaires et cetera et ça a été vraiment l’élément déclencheur
- vivre dans une carte postale, c’est très beau et je me dis mais j’ai une chance extraordinaire, c’est trop beau et je pense que la vraie question au-delà de ça c’est comment faire vivre une carte postale
- à Lourmarin c’était deux marchés, deux ambiances: après 9h les habitants cédaient la place aux visiteurs, friands des charmes simples de notre territoire
- les gens qui sont là finalement sont quand même bien installés c’est à l’ombre c’est génial enfin je trouve donc un bel endroit il y a le château en fond difficile de faire mieux
- moi je dis c’est c’est quand même une chance économique pour le village et je le vois bien au niveau des collègues maires, chaque fois qu’on se croise premier commentaire qui me font c’est « Tu peux pas nous envoyer un peu des touristes de chez toi? », parce que eux sont à la recherche et bon après il faut créer les conditions, ça, ça s’est fait depuis 40 ans petit à petit
- des grosses journées comme ça à peu près on reçoit 5000 visiteurs évidemment c’est cinq fois la population du village et les gens les vrais lourmarinois n’apprécient pas forcément ils ont l’impression que bah évidemment la commune ne fait rien pour limiter tout ça alors qu’on fait des choses mais c’est compliqué pour limiter hein on n pas encore inventé les panneaux d’entrée d’agglomération avec marqué « complet »
- un lieu touristique c’est d’abord un lieu qui a souhaité devenir touristique il y a des lieux qui ont des potentiels touristiques mais qui ne sont pas vraiment touristiques parce que la société locale ne le veut pas, les lieux touristiques donc sont des lieux qui ont réussi à devenir touristiques mais une fois qu’ils ont mis le doigt dans l’engrenage force de constater que il y a des processus qui échappent et ceux qui ont initié ça sont des apprentis sorciers parce que le tourisme lorsqu’il réussit quelque part n’est pas très partageur, c’est-à-dire qu’il investit de plus en plus de façon inexorable et et ça pose problème dans des lieux qui sont aussi des lieux habités
- alors voilà ça c’est le, tu vois, le boulevard du Rayol qui est très très long qui part en direction du château voilà c’est là où ça s’est énormément étendu depuis quelques années en direction du château, tu as pu compter tout ça ah oui à peu près 150-153 stands dont très peu de commerces d’alimentation, beaucoup de vêtements, beaucoup de textiles et beaucoup aussi de souvenirs provençaux ça devient un grand supermarché ce jour-là en tout cas le village devient comme un centre commercial quoi voilà, mais qui vend des produits monde entier, on a des cars entiers qui viennent de Marseille et qui sont liés euh euh je pense aux croiséristes euh on les emmène quand même dans un car climatisé faire de la route pour aller voir un marché provençal typique c’est comique je veux dire parce que ils vont se retrouver avec des sachets de la vente même qui sont mis en sachet en Chine donc on est complètement dans un…c’est c’est ça ça devient un truc complètement artificiel quoi c’est c’est bien un décor…
- je dirais que c’est un peu scier la branche sur laquelle on est assis parce qu’on se demande que les gens viennent chercher une forme enfin viennent observer une forme de vie qui est un peu différente de celle qu’ils vivent d’habitude et donc ils viennent dans des villages pour voir autre chose avec plus d’espace mais si c’est rempli de la même façon qu’en ville à un moment ça n’a plus de sens là ça devient complètement une aberration et une projection d’un monde artificiel sur un monde qui avait encore des des restes d’authenticité et qu’on est en train de gâcher quoi donc c’est vraiment réfléchir pour demain pour le futur pour nos enfants aussi et les générations à venir on peut pas continuer comme ça
- sans garde-fou, l’activité touristique d’un lieu était-elle condamnée à devenir une sorte de rente pétrolière et un cadeau empoisonné pour ceux qui en vivaient?
- la ruralité française, les villages peuvent réfléchir pour que les habitants ne deviennent pas les acteurs d’un théâtre à destination des urbains, mais que euh il y ait une revivification grâce au tourisme et non pas un embaumement à cause du tourisme
- les décors pittoresques depuis des années ils attirent les touristes du monde entier comme des abeilles
- on voit des programmes qui vendent la Provence de façon globale où ces lavandes qui est la photo d’illustration donc cette photo je pourrais pas vous dire pourquoi, comment, quand, à quel moment mais elle a traversé le monde et c’est vrai que comme c’est une photo de lavande fatalement on peut comprendre du coup que les gens quand il disent « Je vais aller en Provence » ils aient envie de voir cette image là qu’ils ont vu depuis peut-être longtemps dans leur imaginaire
- le tourisme c’est aller dans un endroit dont on a des images c’est la définition même du désir touristique c’est-à-dire on va dans un endroit dont il existe des images donc « pittoresque » ça veut dire qu’il mérite d’être peint, c’est pour ça que je dis que le tourisme est profondément mimétique c’est-à-dire qu’il cherche à rentrer dans l’image et donc pour rentrer dans l’image il faut bien aller dans l’endroit où se trouve l’image
- on se rend vers des lieux qu’on a déjà vus aujourd’hui hein systématiquement que ce soit par la télévision les les réseaux sociaux les le cinéma qui c’est subventionné par les par les destinations donc cette marchandisation générale du monde fait que nous allons versé que ce que nous avons vu correspond à la réalité et il suffit que un lieu qui nous était inconnu nous devienne brusquement familier à la faveur d’une série produite par Netflix pour que ça déclenche immédiatement des flux vers des lieux
- le cinéma et les séries télé ont toujours été des manières de créer des circuits touristiques ça prend une autre échelle au lieu d’avoir quelques milliers de personnes vous avez quelques centaines de milliers de personnes et ça change tout pour la destination
- (commerçante à Gordes) on les a vu arriver on a compris qu’il y avait un tournage parce que il y a pas beaucoup de communication non plus au niveau ici au village donc on a compris qu’il y avait un tournage et puis le lendemain on a compris que c’était Émilie Paris mais je dis « C’est quoi ça Emilie in Paris ? » Et donc j’ai compris que c’était un Sex and the city moderne et c’est vrai que l’année d’après on a eu toutes les retombées et là à ce moment-là ils sont tous arrivés là en me demandant où était Lili euh Lily Collins non il y a pas de Lili Collins ici
- on a eu par exemple beaucoup d’appels pour savoir si effectivement c’était là, le restaurant où ça a été tourné on leur demande régulièrement « Ah mais c’est là qu’elle est qu’elle est venue tourner que la scène se passe. L’hôtel en question du coup avec le restaurant a même fait un un tour Émilie in Paris pour ses clients c’est une série qui est extrêmement bankable, on le sait enfin on a des rapports de Netflix par rapport à ça toutes les marques veulent être dedans
- on y revient pour aimer les amis, le soleil, ce sont des sites comme Gordes ou comme l’Abbaye Notre-Dame de Sénanque, dont on peut pas se passer parce que sont des locomotives en fait ,c’est grâce à ces sites-là qu’on arrive à attirer finalement les gens et grâce justement à ces influenceurs qui restent plusieurs jours ici on essaie de leur montrer justement qu’on peut aller un petit peu plus loin que juste la jolie photo d’Instagram que par exemple l’Abbaye Notre-Dame de Sénanque ou Gordes d’aller un peu plus loin dans les visites dans les expériences dans les dégustations dans voilà donc ça nous permet de montrer plein de choses qu’il n’auraient pas forcément fait s’ils étaient venus tout seul
- on ne va pas à l’encontre du désir des touristes qui sont venus à l’autre bout du monde pour aller à l’endroit qui est le champ de lavande le village tel qu’ils l’ont vu dans le catalogue et si un influenceur parvenait à faire exister une image qui n’existait pas avant donc une destination et bien il serait pris dans les mêmes logiques de surfréquentation mais ce qui est sûr c’est que si vous voulez qu’il y ait moins de monde, ça n’est pas du tout en finançant des influenceurs sur Instagram qui continuent d’abonder à la construction de cette imagerie et de ses imaginaires. Comment on travaille pour faire autrement ? c’est une vraie question politique
- les destinations pouvaient-elles résoudre le casse-tête du surtourisme en ciblant leurs touristes tirer ceux qui sont moins mais qui dépensent plus paraissait un bon calcul pour préserver la prospérité de notre économie et la quiétude de notre territoire
- c’est vrai qu’on a beaucoup d’hôtels boutiques ce qu’on appelle donc des hôtels de charme assez petits avec peu de chambres, avec donc qui tirent un petit peu et qui appellent un tourisme un peu plus qualitatif que quantitatif finalement
- (maire de Cassis) on essaie d’empêcher le tourisme de masse et c’est le cas aux Quatre saison il n’y a plus la masse, il y a la qualité, il y a les gens qui sont venus pour apprécier le territoire, monter en gamme oui avec les hôtels étoilés ça amène une clientèle différente ça amène une clientèle qui a un panier plus important donc c’est plus intéressant même s’il y en a moins il y a quand même plus de d’économie qui qui s’installe avec cette clientèle là
- on a des marchés historiques que sont les États-Unis, ils adorent la culture française ils consomment, ils sont curieux ce sont des gens qui ont… alors ça c’est un fait souvent aussi un pouvoir d’achat qui n’est pas négligeable, c’est vrai qu’on essaie de travailler des nouvelles clientèles, donc les Brésiliens puisqu’on sait que c’est une clientèle qui voyage beaucoup quand ils le peuvent, ils adorent la France pour la plupart, en ce qui concerne les clientèles asiatiques c’est vrai qu’il y a plein de nouveaux marchés c’est des des marchés pour le coup qui sont pharaoniques en terme de nombre qu’on a du mal encore à travailler aujourd’hui tellement c’est justement grand et dense et c’est des clientèles en plus que le monde entier s’arrache entre guillemets, donc nous on a la chance d’avoir encore ce mot « France » qui est quand même toujours important il faut continuer à ce que ce soit parce qu’il y a des pays qui mettent beaucoup de choses en œuvre pour essayer de nous dépasser
- ce fantasme de la clientèle internationale c’est « le touriste au kilomètre » c’est-à-dire plus vous venez de loin plus vous êtes désirable, en tant qu’élu, responsable touristique, responsable politique finalement votre destination est reconnue par l’international…ok, c’est lié à des un argument économique qui est le panier moyen sauf que c’est un choix qui va favoriser par exemple les boutiques de luxe, les hôtels de luxe mais qui ne va pas bénéficier à une économie locale plus répartie sur un territoire
- on trouve un discours partout qui est de dire bah finalement on va faire venir un petit monde de gens triés sur le volet et du coup on aura moins de monde et donc c’est pour ça que cette notion de surtourisme elle est perverse parce que derrière se voit se profiler on va dire un racisme de classe, c’est « surtourisme = classe populaire qui vient en masse en vacances » il vaudrait mieux avoir un tourisme select avec des gens qui viennent de l’international et qui ne vont pas abîmer notre belle destination en étant trop nombreux
- quand on fait ça les vacanciers qui partent en vacances à 80 % en France finalement on leur dit « Bah vous êtes de trop donc prenez donc l’avion pour aller pas cher dans un low cost de l’autre côté de la Méditerranée pour laisser la place à des touristes internationaux qui eux vont aller dans du haut-de-gamme est-ce que c’est ça la réflexion écologique sur l’avenir du tourisme? je suis pas sûre.
- en 50 ans le touriste idéal avait bien changé : dans les années 70 la France avait même misé sur le tourisme des grands nombres et des stations aménagées
- (consultant en tourisme) la démocratisation si on devait le résumer de manière la plus simpliste possible c’est le développement de l’offre, on a augmenté la capacité d’accueil en particulier d’accueil d’hébergement donc on a augmenté l’offre d’hébergement, si vous prenez l’exemple de la Grande Motte, quand on prend en photo ça on dit « Mais regardez si c’est ça le tourisme c’est des bâtiments c’est des plages qui sont bondées. Bah oui c’est aussi ça le tourisme, les gens sont plutôt bien élevés sont plutôt dociles ils vont là où c’est aménagé quand c’est plein tant mieux c’est comme un stade c’est comme l’opéra, c’est comme une salle de cinéma bah quand c’est plein, le plein n’égale pas le trop en permanence
- il faut pas confondre démocratisation et massification, ça n’est pas du tout la même chose, la démocratisation c’est finalement l’accès à un plus grand nombre de gens de toutes classes sociales notamment à par exemple aux vacances cette démocratisation est en panne depuis les années 90 en France, on a toujours 40 % des gens qui ne partent pas en vacances l’été par contre on a une multiplication des départs pour certaines classes sociales qui avant partaient une fois l’été une fois l’hiver euh on va dire l’été dans la famille ou un voyage lointain l’hiver au sport d’hiver et qui maintenant vont partir 10 fois dans l’année avec des cours séjours, city break et cetera
- même si les low cost ont beaucoup augmenté leurs tarifs ils demeurent très compétitifs par rapport au train grâce à d’ailleurs des politiques fiscales aberrantes puisque il y a pas de taxation à l’international du kérosène, ce qui n’est pas raisonnable à l’échelle du moyen et long terme
- moi je j’entends personne euh dénoncer les subventions qui sont données par les collectivités euh aux compagnies low cost euh soit il y a un marché et il n’y a pas besoin de subvention, mais vous avez des compagnies low cost qui sont très très fortes pour mettre en concurrence les villes donc les aéroports entre elles et donc demander de l’argent pour ouvrir une ligne qui va vous amener de Londres à la Rochelle ou de Londres à Béziers ou de Londres à Nîmes alors qu’il y a un aéroport à Montpellier
- ce développement de l’offre aérienne je suis pas sûr que ça réponde à un besoin de démocratisation en dénonçant des situations de surtourisme cela permet à des entreprises qui produisent des voyages de nous vendre des voyages à l’autre bout du monde des voyages qui sont coûteux, qui sont dispendieux en énergies fossiles et gros émetteurs en gaz à effet de serre donc tout ça procède d’une logique vieille comme le tourisme qui consiste à se différencier des autres
- si ma mémoire est bonne le je crois que c’était le 20 juillet 2021 Jeff Bezos alors patron d’Amazon et trois de ses invités sont partis pour un vol suborbital de 10 minutes chacun d’entre eux a émis 75 tonnes de CO2 et un chercheur avait calculé que 75 tonnes de CO2 pour chacun de ces quatre touristes de l’espace c’était plus que ce que émettait dans toute une vie un milliard d’habitants sur Terre et donc euh culpabiliser comme on le fait avec l’emploi immodéré du mo du mot sur tourisme les touristes des catégories populaires ou des classes moyennes qui vont dans des lieux qui sont faits pour les accueillir parce que ils vont vers des capacités d’accueil he c’est c’est l’offre là qui fait la demande, ça ça revient à oublier effectivement cette dimension très inégale des contributions à la dégradation de notre environnement terrestre
- les émissions de gaz effet de serre de ceux qui vont à Lacanau ou ceux qui vont à la Grande Motte euh bah sont bien moins élevés que ceux qui sont allés au Costa Rica dans un ecolodge euh au mois de décembre voilà ça ça marche pas comme ça, donc parler de surtourisme c’est rejeter le problème sur le touriste parler de « suroffre » c’est rejeter le problème sur celui qui avait la responsabilité de limiter l’offre en particulier les pouvoirs publics
- ce qui est en cause c’est le système général dans lequel le tourisme est pris, qui est un système de plus en plus spéculatif qui organise la concurrence entre les lieux, par exemple la France est en concurrence avec ses voisins et si elle mettait des restrictions à la venue des touristes ce sont ses concurrents qui en profiteraient immédiatement donc on voit bien à quel point le système crée de l’irresponsabilité avec cette concurrence généralisée
- MARSEILLE : si on n’arrivait même plus à faire la différence entre le bon et le mauvais touriste régler le problème du surtourisme se révélait décidément bien compliqué, mais tout espoir n’était pas perdu, Marseille semblait même avoir trouvé une solution pour gérer les flux touristiques: les données de nos téléphones portables
- (chef de projet flux vision tourisme) ces téléphones mobiles en fait parlent tout le temps et donc du coup ce qu’on fait c’est qu’on regarde le comportement des gens la nuit la journée sur le périmètre qu’on souhaite observer par exemple Marseille et en disant bah voilà est-ce que c’est quelqu’un qui a l’habitude de dormir à Marseille c’est qu’on va en gros regarder son nombre de nuitées qu’il a réalisé sur Marseille sur les deux derniers mois oui il dort souvent à Marseille donc il a un comportement de résident, a contrario quelqu’un vient dormir par exemple moi je viens occasionnellement ça fait longtemps que je suis pas venu je suis pas résident donc du coup je vais être classé comme « touriste » parce que je viens dormir dans une zone sur laquelle je ne respecte pas la condition de résident
- la première expérimentation de flux vision en 2012 avant l’année 2013 ça a été sur le feu d’artifice qui était sur le Vieux Port et là on a découvert des informations dingues qui sont utiles aussi pour les élus mais aussi pour les organisateurs d’événements: on ne savait pas à quelle heure les gens arrivaient pour voir le feu d’artifice est-ce qu’on vient à 18h pour s’installer est-ce qu’on vient plus tard une demi-heure avant le feu d’artifice et à quel moment les gens partent et là on voyait les gens arriver, repartir sur nos schémas donc on est passé d’un côté statique à de la mobilité depuis Flux vision, on a une vraie photographie en temps réel puisque les informations on les a très rapidement sur le territoire
- on observe l’activité touristique depuis 2019 en France à diverses échelles donc on va faire tourner des algorithmes de data scientist et d’intelligence artificielle qui vont nous permettre de faire ressortir entre guillemets des moments clés et des informations pour essayer de dire bah voilà j’ai un jeudi standard du mois de février je suis hors période scolaire je devrais avoir à peu près telle ou telle fréquentation
- une boule de cristal nous offrait désormais le pouvoir de mieux voir et anticiper les flux touristiques mais quelle baguette magique allait nous permettre de gérer ces flux en constante augmentation d’ici 2050 le trafic aérien prévoyait de doubler pour atteindre les 10 milliards de passagers et les futurs bateaux de croisière dépasserait bientôt la barre des 10 000 occupants
- les matins on se positionne ici et on regarde le port et on voit exactement où sont situés les bateaux qui arrivent ça peut être entre 2000 et 15 000 personnes/jour à Marseille on n’avait pas encore eu « Émilie au vélodrome » mais avec un quartier élu le plus cool du monde des guests comme Beyoncé ou le pape François et des grands noms de la mode qui célébraient notre vitalité et relook nos rues en podium de luxe, notre ville était subitement devenue « The Place to be »
- we travel um to France once or twice a year together we’re friends and uh yeah this is something different and um Notre-Dame and bouillabaisse (rires)
- Notre-Dame, that’s the end of it right ?
- where did you come from?
- New York yeah so you came by plane?
- yes and then we cruise to Barcelona
- avant les visiteurs pouvaient accéder beaucoup plus près euh lorsqu’il y avait des des célébrations voire même pouvaient rentrer aujourd’hui on filtre de façon à garder le le lieu le plus le plus silencieux possible pour protéger ce lieu de l’ensemble des visiteurs qui viennent vraiment par vague de 45 minutes parce qu’ils vont finalement arriver un peu toujours aux mêmes heures…mais dans l’idée on est quand même heureux d’accueillir beaucoup de personnes ce qui est difficile c’est de les accueillir tous au même moment et dans une temporalité très courte en fait… donc nous avons augmenté le nombre d’agents nous avons mis en place des bah ce qui paraît finalement assez logique des files d’attente, des sens de circulation des possibilités pour les personnes d’avoir diverses activités sur le sanctuaire et nous avons en été notamment élargi les horaires du sanctuaire…ça c’est c’est aussi une manière de réguler les flux et d’accueillir différemment
- finalement ici au sanctuaire, la vocation…on n’a de cesse de le dire, c’est pas une vocation d’arriver avec un QR code ou de limiter le nombre de personnes, c’est exactement le contraire parce que si on commence à mettre en place une réservation par QR code à mon point de vue hein on change de d’univers je pense que là on n’est plus…c’est plus la déambulation libre ou le tiens j’ai envie d’aller prier ou juste aller marcher à Notre Dame de la Garde ah non il faut que je sorte mon téléphone il faut que je je prépare mon… Ah non non je pense pas que ce soit possible ici non, non
- souvent on va parler du problème des touristes en fait les touristes il y a trop de touristes et cetera mais le problème c’est la question du tourisme comme flux salvateur qui peut se transformer comme un torrent destructeur et voilà et donc c’est problématique parce que pour pouvoir avoir une interaction, une réflexion politique, démocratique économique, écologique il faut revenir à une réflexion sur des individus qui rencontrent des individus ou qui ne les rencontrent pas justement comment on réfléchit au fait que ces flux fluides ou sont aussi des personnes en fait des familles de différentes classes d’âges de différentes origines à qui on peut s’adresser
- aujourd’hui c’est un petit peu compliqué parce que même l’Organisation mondiale du tourisme, ils ne sont que dans une approche quantitative ils ont été pionniers dans les définitions dans les concepts dans les études de cas sur le tourisme durable en revanche ils se réjouissent toujours que on est 1 milliard, 300 millions de visiteurs internationaux moi je pense que ça ce sont des chiffres qui devraient nous faire peur. Je pense que aujourd’hui on doit pouvoir reconsidérer son rapport au voyage.
- il y a peut-être des modèles à réinventer c’est vrai qu’il faut peut-être redéfinir ce que sont des vacances, comment on les prépare comment on les vit pour que ce soit pas juste un acte de consommation parce que finalement c’est du temps libre dont dont don dont on parle
- si on parle de ce que les gens veulent faire quand ils ont du temps libre et quand ils ont les moyens d’avoir du temps libre on peut complètement réfléchir autrement d’un point de vue social économique politique écologique démocratique mais pour ça il faut sortir des catégories des imaginaires qui sont produits pour abonder à l’industrie touristique et se rappeler que 80 % des Français partent en vacances en France, 60 % dans l’hébergement non marchant, que la première motivation des départs vacances c’est se reposer et la deuxième c’est se retrouver donc là-dedans il n’y a pas de consommation touristique
- il y a 40 % de Français qui ne partent pas en vacances, la croissance du tourisme c’est d’aider ces gens-là à partir …le taux de départ en Allemagne, en Suède c’est 80 % chez nous c’est 60 on aurait un taux de départ à 80, on n’aurait pas besoin de faire venir des charters de Chinois.
- PLU: PLAN LOCAL D’URBANISME ↩︎
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