En métropole, c’est l’épreuve écrite du bac de français 2025 aujourd’hui. En dissertation, les sujets portent sur le théâtre (Le menteur, Corneille, On ne badine pas avec l’amour, Musset, Pour un oui ou pour un non, Sarraute). Voici un corrigé détaillé pour le sujet proposé sur l’oeuvre Le menteur, de Corneille : « Selon vous, dans la comédie Le menteur, l’art du mensonge est-il toujours maîtrisé ?« .
La plan détaillé de dissertation que nous proposons n’est pas le seul qui est valable, il vous aidera à évaluer votre réponse à épreuve écrite du bac de français.
Bac de français : Dans la comédie Le menteur, l’art du mensonge est-il toujours maîtrisé ? Dissertation corrigée
Sujet complet :
Sujet A
Œuvre : Pierre Corneille, Le Menteur
Parcours associé : mensonge et comédie
Selon vous, dans la comédie Le Menteur, l’art du mensonge est-il toujours maîtrisé ?
Vous répondrez à cette question dans un développement organisé en prenant appui sur Le Menteur, sur les textes que vous avez étudiés dans le cadre du parcours associé, et sur votre culture personnelle.
Dans la comédie Le menteur, l’art du mensonge est-il toujours maîtrisé ?: un sujet difficile ?
Non. Le menteur est une pièce qui parle notamment de l’art de mentir, donc un sujet sur l’art du mensonge est tout ce qu’il y a de plus classique et prévisible.
Les concepteurs du sujet ont été sympa sur ce coup !

Analyse du sujet : l’art du mensonge est-il toujours maîtrisé ?
Le sujet fait surtout référence à Dorante, le personnage principal, le « menteur » en chef.
Mots clés du sujet
art du mensonge – toujours – maîtrisé
Tous les mots du sujet ou presque sont des mots clés.
Art du mensonge :
- L’art du mensonge dans Le Menteur est 1) celui de Dorante, qui s’y plaît et n’y voit pas d’inconvénient 2) l’art du théâtre. L’art du mensonge est à la fois une source de plaisir, un moteur de l’intrigue et une réflexion sur le pouvoir créateur et destructeur du langage. Il interroge la frontière entre vérité et fiction, tout en faisant du théâtre lui-même un art du mensonge assumé et célébré.
Toujours :
- systématiquement, à chaque fois
Maîtrisé :
- contrôlé par celui qui le pratique. Ce n’est pas toujours le cas dans la pièce Le menteur car dès le départ, Dorante confond Clarisse et Lucrèce, et il ment et manipule sans savoir à qui il a réellement affaire. S’il retombe sur ses pattes à la fin, c’est une question de chance et non de maîtrise.
- Une autre raison pour laquelle l’art du mensonge de Dorante n’est pas parfaitement maîtrisé c’est qu’il interagit avec d’autres personnages QUI MANIPULENT AUSSI !
En somme, oui et non (plan dialectique).
Dorante ne maîtrise pas parfaitement ses mensonges, même s’il y prend plaisir malgré tout.
L’utile secret que mentir à propos !
Dorante, Le menteur, Acte II, scène 6
Reformulation de la problématique
- Le mensonge de Dorante est-il vraiment maîtrisé ou finit-il par le dépasser
- En quoi la pièce montre-t-elle que l’art du mensonge peut devenir une stratégie risquée
Proposition de plan de dissertation « l’art du mensonge est-il toujours maîtrisé ? »
INTRODUCTION
Dans la comédie Le Menteur de Pierre Corneille, le mensonge devient un véritable art, incarné par le personnage de Dorante, dont la virtuosité à inventer des récits et à manipuler la réalité fascine autant qu’elle amuse. Cette œuvre, emblématique du baroque et du comique de caractère, interroge la place du mensonge dans les relations sociales et amoureuses, tout en jouant sur la frontière entre illusion et vérité. Mais si Dorante semble d’abord maîtriser à la perfection l’art de la tromperie, la pièce met-elle en lumière les limites de cette maîtrise ? Jusqu’où peut-on manipuler la réalité sans en subir les conséquences ? Nous verrons premièrement que l’art du mensonge est à un haut niveau de maîtrise dans la pièce, à la fois de la part du protagoniste principal et de la part du dramaturge, puis nous verrons que des limites à la maîtrise du mensonge affleurent malgré tout pour rétablir la morale.
I. L’art du mensonge dans Le Menteur : une maîtrise de haut niveau par Dorante et par le dramaturge
A) La maîtrise du mensonge par Dorante, le « menteur »
Dorante, le protagoniste de Le Menteur de Corneille, incarne un véritable virtuose du mensonge.
Il fait preuve d’une inventivité remarquable, adaptant instantanément ses récits aux circonstances et aux personnes qu’il rencontre.
Dès l’acte I, il s’invente un passé glorieux pour séduire Clarice et Lucrèce, et tout au long de la pièce, il multiplie les identités et les histoires, passant du soldat valeureux à l’amoureux transi, en passant par l’organisateur de fêtes somptueuses. Cette capacité à improviser et à manipuler la réalité fait de lui une figure de l’acteur et du dramaturge, maître du jeu et de l’illusion théâtrale.
B) Le mensonge, moteur comique et dramaturgique au théâtre
Le mensonge est le ressort principal de la comédie.
Il engendre des quiproquos, des situations inextricables et un chaos jubilatoire qui amuse le spectateur, complice de la supercherie. C’est le cas dans la pièce Le menteur.
Dorante, par son habileté, parvient à se sortir de situations délicates, et sa virtuosité dans l’art du mensonge est souvent valorisée, notamment dans la morale finale de Cliton qui fait l’éloge de son adresse.
Le mensonge n’est donc pas seulement un défaut, mais une force dramatique et comique, au cœur de l’esthétique baroque de la pièce.
II. Les limites de la maîtrise : le mensonge incontrôlable
A) L’accumulation des mensonges : vers la perte de contrôle
Au fil de la pièce, Dorante multiplie les inventions et les récits mensongers pour se sortir de situations délicates ou séduire.
Mais cette surenchère finit par lui échapper : chaque nouveau mensonge vient compliquer la situation, créant un réseau de contradictions et de malentendus.
L’enchevêtrement des fausses histoires rend la vérité de plus en plus difficile à rétablir, et Dorante perd progressivement la maîtrise de son jeu. L’imbroglio qui en résulte devient incontrôlable, révélant les limites de l’habileté du menteur.
B) Le retour à la réalité : l’impossibilité de fuir les conséquences
Contrairement à certains personnages comiques qui parviennent toujours à se tirer d’affaire, Dorante finit par être rattrapé par la réalité.
Piégé par ses propres mensonges, il est contraint de reconnaître ses erreurs et d’affronter les conséquences de ses actes.
La pièce s’achève ainsi sur un retour à l’ordre et à la vérité, soulignant que la fiction et le mensonge, aussi séduisants soient-ils, ne peuvent indéfiniment remplacer la réalité.
Cette fin met en lumière la fragilité de l’art du mensonge et la nécessité, à un moment donné, de revenir à la sincérité et à la vérité. Du point de vue de la dramaturgie, Corneille utilise l’humour pour souligner les limites du mensonge.
Conclusion
Ainsi, Le Menteur met en scène un art du mensonge d’abord brillant et créatif, où Dorante règne en maître sur l’illusion et le jeu des apparences. Pourtant, au fil de l’intrigue, la multiplication des mensonges finit par échapper à son contrôle, piégeant le personnage dans un enchevêtrement de quiproquos et de contradictions dont il ne peut sortir qu’en affrontant la vérité. Par cette évolution, Corneille propose une réflexion subtile sur les pouvoirs et les dangers du mensonge : s’il peut être source de plaisir, d’invention et de séduction, il révèle aussi ses limites et rappelle la nécessité, pour tout menteur, de revenir un jour à la réalité.
Quel plan avez-vous proposé pour cette dissertation? Dites-nous en commentaires.
Consultez aussi le corrigé du sujet de dissertation sur On ne badine pas avec l’amour (métropole 2025) :
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Ma problématique : Peut-on dire que le jeu d’acteur des personnages est sérieux dans On ne badine pas avec l’amour ?
Mon plan : I- Certes, les personnages éprouvent de réels sentiments l’un pour l’autre
II- Cependant, la fatalité et l’orgueil jouent un rôle dévastateur dans leur relation
III- De ce fait, leur mise en scène les mènent à un badinage dangereux
Bonjour, une proposition de plan intéressante ! Il n’était peut-être pas utile de faire 3 parties, les parties II et III pouvant se chevaucher…mais cela dépend aussi des sous-parties que vous avez choisies et des idées que vous y avez incluses.